Des déversements d’effluents acides ont été signalés à Kwampisha et l’Institut de recherche en droits humains (IRDH) a exprimé sa vive préoccupation à la suite de deux incidents environnementaux survenus les 26 et 29 avril 2026 dans les installations de la Société Minière du Katanga (SOMIKA), situées au village Kwampisha, dans le groupement Inakiluba, chefferie Kaponda, territoire de Kipushi, au Haut-Katanga.
Dans une correspondance adressée à l’entreprise le 27 mai 2026, l’IRDH indique avoir été saisi par les communautés locales de Kwampisha, en collaboration avec l’Institut national pour l’étude et la recherche agronomiques (INERA), afin d’assurer un accompagnement juridique et un plaidoyer en faveur des populations affectées.
L’organisation affirme avoir sollicité une rencontre avec les responsables de la SOMIKA afin d’examiner les questions liées à la responsabilité industrielle de l’entreprise et aux obligations de réparation prévues par la législation minière congolaise.
Une route et des cours d’eau touchés par la pollution
Selon l’IRDH, d’importantes quantités d’effluents acides provenant des installations de la société minière se seraient déversées dans l’environnement, inondant d’abord la principale route menant au village de Kwampisha avant d’atteindre la rivière Kasonta, affluent de la rivière Kibunduka.

Ces cours d’eau alimentent notamment le lac artificiel de l’INERA/Kipopo, qui sert de réserve pour des activités piscicoles et agricoles. Les eaux concernées traversent plus de 200 étangs piscicoles avant d’être utilisées dans les canaux d’irrigation destinés aux cultures maraîchères.
L’IRDH estime que cette situation constitue une menace directe pour les écosystèmes locaux ainsi que pour les populations qui dépendent de ces ressources.
Risques pour la santé publique et l’environnement
L’organisation de défense des droits humains évoque plusieurs conséquences potentielles de ces incidents. Elle fait notamment état d’une dégradation visible des sols. Selon ses observations, certaines portions de la route de Kwampisha présentent une coloration blanchâtre inhabituelle, pouvant révéler un niveau élevé d’acidité.
L’IRDH alerte également sur l’exposition des habitants aux poussières provenant de terres potentiellement contaminées. Les riverains qui empruntent quotidiennement cette voie à pied ou à moto seraient directement exposés à ces substances.
L’organisation signale en outre l’existence d’un système d’évacuation acheminant des eaux usées recouvertes d’une mousse blanche vers les rivières Kasonta et Kibunduka, qui alimentent ensuite le lac artificiel de l’INERA.
Plus préoccupant encore, l’IRDH redoute un phénomène de bioaccumulation des métaux lourds et autres substances toxiques dans les poissons et les cultures irriguées par ces eaux. Selon elle, cette contamination pourrait remonter la chaîne alimentaire et exposer à terme les populations de Lubumbashi à des risques sanitaires importants.
Des alertes récurrentes depuis plusieurs années
L’IRDH souligne que ces incidents ne constituent pas des faits isolés. L’organisation rappelle notamment l’existence d’un procès-verbal établi en octobre 2021 par la Division provinciale des Mines à l’issue d’une réunion entre l’INERA et la SOMIKA concernant des questions environnementales.
Elle cite également une correspondance adressée en octobre 2025 par l’INERA faisant état d’indices de pollution des eaux du lac artificiel de Kipopo. Pour l’IRDH, ces éléments traduisent la persistance de préoccupations environnementales dans cette zone fortement marquée par l’activité minière.
L’IRDH exige une évaluation indépendante des dégâts
Face à cette situation, l’Institut recommande à la SOMIKA de financer une expertise indépendante destinée à mesurer l’ampleur des impacts environnementaux et sanitaires liés à ces incidents.
Cette évaluation devrait notamment porter sur les communautés de Kwampisha et de Kipopo, le lac artificiel de l’INERA, les 208 étangs piscicoles concernés ainsi que les cultures irriguées par les eaux suspectées d’être contaminées.
L’IRDH estime que cette démarche constitue une étape indispensable pour établir les responsabilités, évaluer les dommages subis et mettre en œuvre les mesures de réparation et de dépollution nécessaires.
La Gazette du Continent
