À la veille de la journée de « ville morte » annoncée pour le 3 juin 2026 par plusieurs figures et partis de l’opposition, le secrétaire général et président intérimaire de l’UDPS, Augustin Kabuya, a appelé les Congolais à vaquer normalement à leurs occupations.
Dans sa réaction, le dirigeant du parti présidentiel a exhorté les militants de l’UDPS ainsi que l’ensemble de la population à privilégier le calme, la discipline et la poursuite des activités économiques, sociales et administratives sur toute l’étendue du territoire national. Pour l’UDPS, cet appel à la paralysie des activités ne doit pas perturber le fonctionnement normal du pays.
Jean-Pierre Lihau rappelle à l’ordre les agents de l’État
De son côté, le vice-premier ministre et ministre de la Fonction publique, Jean-Pierre Lihau, a rappelé aux agents publics leur obligation de neutralité politique et de présence effective au travail. Dans une note de service adressée aux secrétaires généraux et aux chefs de service, il a souligné que l’administration publique demeure apolitique et ne saurait être impliquée dans des actions à caractère partisan.
Le ministre a également prévenu que toute absence injustifiée le mercredi 3 juin 2026 pourrait entraîner des sanctions disciplinaires. Des missions d’inspection ont été déployées depuis le 2 juin 2026 afin de vérifier la présence des fonctionnaires dans leurs postes respectifs.
L’opposition maintient la pression contre le projet de révision constitutionnelle
À l’origine de cette mobilisation figure notamment l’opposition politique qui dénonce les intentions prêtées au pouvoir concernant une éventuelle révision de la Constitution. L’ancien président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, a accusé le chef de l’État de vouloir modifier la loi fondamentale « non pour améliorer les conditions de vie des Congolais, mais pour s’ouvrir la voie à un pouvoir sans limite ».
Même tonalité du côté de l’ex-secrétaire général du MLC et président de l’Assemblée nationale, Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de Moïse Katumbi, qui met en garde contre ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle. Pour lui, « toutes les règles de la Constitution doivent être hors des passions du moment », estimant que la volonté actuelle serait de voir le président Félix-Antoine Tshisekedi exercer un pouvoir de plus en plus centralisé.
Un climat politique sous tension
Cette confrontation entre la majorité au pouvoir et l’opposition illustre les tensions qui entourent le débat sur l’avenir des institutions congolaises. Alors que l’opposition espère une forte adhésion à son mot d’ordre de ville morte, le pouvoir multiplie les appels à la continuité des activités et au respect des obligations professionnelles, particulièrement au sein de l’administration publique. Le 3 juin 206 s’annonce ainsi comme un nouveau test politique pour mesurer l’influence respective des deux camps sur l’opinion publique et sur le terrain.
La Gazette du Continent
