L’Action des Jeunes pour le Bien-être Social (AJBS) a adressé, le 1er juin 2026, une nouvelle correspondance au ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, afin de rappeler deux dossiers qu’elle juge prioritaires pour la province de la Mongala. L’organisation déplore l’absence de réponses concrètes à ses précédentes lettres datées des 14 et 25 mars 2026, malgré la gravité des faits dénoncés.
Dans cette démarche, l’AJBS a également transmis des copies de sa correspondance aux plus hautes autorités du pays, notamment au Président de la République, à la Première ministre, aux responsables des institutions nationales et provinciales ainsi qu’aux services judiciaires, sécuritaires et de défense.
Des inquiétudes persistantes face à l’insécurité dans le territoire de Lisala
Le premier dossier concerne la situation sécuritaire dans les villages de Ngonzi-Balélé et Bokutu, situés dans le secteur de Ngombe-Doko, territoire de Lisala. Selon l’AJBS, les violences enregistrées dans cette partie de la Mongala continuent d’avoir de lourdes conséquences sur les populations locales.
L’organisation affirme que plusieurs habitants ayant fui les affrontements vivent encore dans la brousse, dans des conditions humanitaires précaires. Ces populations craindraient des représailles attribuées à certains éléments des Forces armées de la RDC (FARDC) et de la Police nationale congolaise (PNC). Face à cette situation, l’AJBS estime qu’une intervention urgente des autorités est nécessaire afin de restaurer la sécurité, la confiance des populations et l’autorité de l’État dans la région.
Plaidoyer pour une commission d’enquête mixte
Pour faire la lumière sur les événements survenus dans ces villages, l’organisation sollicite la mise en place d’une commission d’enquête mixte de niveau national regroupant des représentants du gouvernement central, du gouvernement provincial et de la société civile.
Selon l’AJBS, le retard observé dans le traitement de ce dossier risque d’entraîner la disparition d’éléments de preuve importants, notamment d’éventuelles fosses communes et d’autres indices matériels susceptibles de contribuer à l’établissement de la vérité.
Des interrogations autour des biens laissés par ENABEL
Le second dossier porte sur la gestion des biens laissés par ENABEL dans le cadre du Projet intégré REDD+ de la Mongala (PIREDD/Mongala). L’AJBS indique avoir reçu de nombreuses préoccupations émanant des bénéficiaires potentiels ainsi que de certains services concernés. Des voix s’élèveraient pour dénoncer un risque de détournement ou de mauvaise gestion de ces biens, tandis que les personnes estimant avoir des droits sur ces équipements continuent de réclamer des clarifications.
L’organisation considère que les autorités provinciales citées dans cette affaire ne seraient pas les mieux placées pour apporter une réponse impartiale aux préoccupations soulevées.
L’AJBS demande l’implication personnelle du ministre de la Justice
Au regard de ces deux dossiers, l’Action des Jeunes pour le Bien-être Social appelle le ministre d’État en charge de la Justice à s’impliquer personnellement afin que des enquêtes indépendantes et transparentes soient diligentées. Pour l’organisation, cette démarche est essentielle pour préserver la paix sociale, lutter contre l’impunité et garantir une justice équitable aux populations qui s’estiment victimes des faits dénoncés.
Dans sa correspondance signée à Lisala le 1er juin 2026, l’AJBS dit attendre des actions concrètes des autorités compétentes afin d’apporter des réponses aux préoccupations exprimées par les populations concernées.
La Gazette du Continent
