Le recteur de Université de Kinshasa, le professeur Jean-Marie Kayembe, exprime sa profonde inquiétude face à l’évolution des érosions qui menacent le site universitaire. Lors d’une descente effectuée le 26 mai 2026 avec les membres du Comité de gestion, il a dénoncé l’inefficacité apparente des travaux déjà entrepris après seulement deux fortes pluies.
« C’est la désolation la plus totale. C’est le sentiment d’un éternel recommencement », a déclaré le recteur, regrettant que les efforts engagés donnent aujourd’hui « l’impression d’un coup d’épée dans l’eau ». Selon lui, des informations font également état de l’abandon de certains chantiers par des entreprises impliquées dans les travaux anti-érosion, alors même que les autorités avaient affiché leur volonté d’endiguer le phénomène.

L’UNIKIN veut associer experts et populations locales
Face à cette situation, le recteur plaide pour une approche concertée impliquant les experts de l’université, les autorités publiques et les habitants des zones touchées. Il estime que les compétences du génie civil, des spécialistes en environnement de l’université ainsi que l’expérience des populations locales doivent être mises à contribution dans la recherche de solutions durables. « La population connaît la qualité de son sol et l’historique de ces érosions. Elle doit être considérée dans la prise des décisions », a-t-il insisté. Dans cette optique, une rencontre est prévue le samedi 30 mai 2026 à Université de Kinshasa afin de réunir tous les acteurs concernés autour de la problématique des érosions.
Sensibilisation à l’assainissement et gestion des déchets
Le recteur Kayembe a également insisté sur la responsabilité citoyenne dans la lutte contre les érosions, notamment à travers une meilleure gestion des déchets et des eaux de ruissellement. Il a dénoncé les mauvaises pratiques liées au rejet des bouteilles en plastique et à l’insuffisance des actions d’assainissement dans les quartiers environnants. « Imaginez une mère qui apprend à ses enfants à jeter une bouteille en plastique à un endroit précis. Ce sera une petite contribution, mais importante dans la lutte anti-érosion », a-t-il expliqué.
Un colloque annoncé sur les eaux de ruissellement
Dans le cadre de cette mobilisation, l’Université de Kinshasa prévoit l’organisation, au mois de juin 2026, d’un colloque consacré au traitement des eaux de ruissellement. Le recteur Jean-Marie Kayembe a cité les travaux de la professeure Céline Sikulikima, spécialiste des questions liées à l’eau, qui interviendra notamment sur les mécanismes de gestion des eaux pluviales considérées comme l’une des principales causes des érosions observées à Kinshasa. Pour Jean-Marie Kayembe, cette crise doit pousser les différentes parties prenantes à renforcer leur collaboration. « Un peuple se soude aussi dans les moments difficiles. Nous devons apprendre à travailler ensemble, à nous écouter et à échanger régulièrement », a-t-il conclu.

Les habitants du quartier appellent à des solutions urgentes
Les habitants des quartiers touchés par les érosions autour de Université de Kinshasa continuent d’exprimer leurs inquiétudes face à l’avancée des ravins qui menacent habitations et infrastructures. Parmi eux, le notable Jeamot Mulumba appelle les autorités à agir rapidement afin d’éviter une aggravation de la situation. Il estime que les populations locales vivent quotidiennement les conséquences des eaux de ruissellement et des dégradations du sol. Selon lui, les travaux déjà réalisés restent insuffisants face à l’ampleur du phénomène. Il plaide également pour une meilleure implication des riverains dans les initiatives de lutte anti-érosion.
Un appel à l’implication communautaire
Jeamot Mulumba insiste sur la nécessité d’une sensibilisation communautaire autour de l’assainissement et de la gestion des déchets, souvent identifiés comme des facteurs aggravants des érosions. Le notable encourage aussi une collaboration étroite entre les experts de l’université, les autorités publiques et les habitants afin de trouver des solutions durables pour protéger les quartiers environnants et le site universitaire.
La Gazette du Continent
