Le compte à rebours est lancé. Lors d’un entretien téléphonique avec le journaliste Bret Baier de Fox News, Donald Trump a scellé le sort de son ultimatum : les États-Unis sont prêts à passer à l’action militaire contre l’Iran si aucun accord n’est trouvé d’ici à 20 heures, heure de Washington. « 20 heures, c’est confirmé », a martelé le locataire de la Maison-Blanche, plongeant la communauté internationale dans la stupeur.
Les signes d’un embrasement imminent se multiplient dans la région. À Bahreïn, le principal port du royaume a annoncé la suspension temporaire de ses opérations à partir de mercredi, quelques heures seulement avant l’expiration du délai américain. Au Koweït, les autorités ont pris des mesures drastiques en demandant à la population d’éviter tout déplacement à partir de minuit et jusqu’à mercredi matin.
En Iran, la mobilisation populaire s’organise face à la menace. Selon des images diffusées par les médias d’État et des journalistes locaux, des habitants forment des chaînes humaines sur les ponts et autour des centrales électriques, des infrastructures stratégiques explicitement visées par les menaces de Washington.
Indignation diplomatique et accusations de « crimes de guerre »
Cette stratégie de ciblage des infrastructures civiles suscite une vague de condamnations internationales. Volker Türk, haut-commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, a rappelé que de telles frappes constitueraient un « crime de guerre », dénonçant au passage une « rhétorique incendiaire ». Un constat partagé par le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, qui s’est dit « très préoccupé » par des menaces que rien ne saurait justifier militairement.
À New York, l’ambassadeur iranien auprès de l’ONU, Amir-Saeid Iravani, a fustigé devant le Conseil de sécurité un langage « totalement alarmant » révélant, selon lui, l’intention du président américain de commettre des « crimes contre l’humanité ».
Du côté de Paris, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a exprimé sur France 2 son espoir de voir Donald Trump renoncer à ses menaces. Si la France se dit « fermement opposée » aux frappes contre les infrastructures civiles, le chef de la diplomatie a néanmoins refusé de qualifier ces éventuelles actions de « crimes de guerre ».
Tempête politique à Washington
Au-delà de la crise internationale, Donald Trump doit faire face à une fronde intérieure sans précédent. Ses propos outranciers ont poussé plusieurs parlementaires démocrates à s’interroger publiquement sur sa santé mentale, certains allant jusqu’à le soupçonner de démence.
L’agitation gagne également les rangs de certains républicains opposés au président. Ensemble, ils plaident désormais pour le recours au 25e amendement de la Constitution américaine. Cette procédure exceptionnelle permettrait de déposer de force le président s’il est jugé incapable d’exercer ses fonctions, au moment même où ses décisions menacent d’embraser le Moyen-Orient.
Tenplar Ngwadi
