Le gouvernement soudanais a accusé ce mardi 05 mai 2026, l’Éthiopie d’être impliquée dans une série récente d’attaques de drones ayant notamment visé l’aéroport de Khartoum, une escalade qui a conduit au rappel de son ambassadeur.
Selon le porte-parole de l’armée, le général de brigade Asim Awad Abdelwahab, l’analyse des données d’un drone de type S-88 établirait un lien avec les Émirats arabes unis, tout en affirmant que l’appareil aurait été lancé depuis l’aéroport de Bahir Dar, en Éthiopie. Le responsable militaire a qualifié ces actions d’« acte d’agression direct », ajoutant que les forces armées soudanaises étaient « prêtes à faire face à toute menace ».
Le ministre des Affaires étrangères, Mohi al-Din Salem, a pour sa part assuré que le Soudan ne cherchait pas l’escalade, tout en prévenant qu’« une riposte suivra toute attaque ».
Depuis le 1er mars, au moins quatre frappes de drones auraient été recensées par Khartoum, visant différentes régions, notamment les États du Kordofan, du Nil Bleu et du Nil Blanc. La dernière attaque en date a frappé lundi l’aéroport de la capitale, après plusieurs incidents similaires survenus en périphérie.
Ces développements interviennent dans le contexte du conflit interne déclenché en avril 2023 entre l’armée régulière et les Forces de soutien rapide (FSR), un groupe paramilitaire. Initialement concentrés à Khartoum, les combats ont évolué vers une guerre marquée par l’usage de drones, touchant désormais plusieurs régions du pays.
Les autorités soudanaises accusent depuis longtemps les Émirats arabes unis de soutenir les FSR, des allégations également relayées par des experts de l’ONU et des organisations de défense des droits humains, accusations que Abou Dhabi dément catégoriquement.
La violence continue par ailleurs de frapper les civils. À Omdurman, une frappe de drone a récemment tué cinq personnes dans un bus, tandis que dans l’État d’Al Jazirah, une autre attaque a coûté la vie à des proches d’un commandant militaire allié à l’armée.
Selon le centre de suivi des conflits Armed Conflict Location & Event Data, le bilan de la guerre dépasse désormais 59 000 morts. Les organisations humanitaires estiment toutefois que ce chiffre pourrait être largement sous-évalué en raison de l’accès limité aux zones de combat.
Tenplar Ngwadi
