Dans une déclaration rendue publique le 8 avril 2026, Moïse Moni Della, président du Conservateur de la nature et démocrates (CONADE) et ancien vice-ministre de la Presse et de l’Information, s’en prend vivement à l’ancien chef de l’État Joseph Kabila, l’accusant de « travestir la vérité » sur son bilan en matière de droits politiques.
Une dénonciation frontale du passé politique
Selon Moïse Moni Della, le régime de Joseph Kabila a bel et bien été marqué par l’existence de prisonniers et d’exilés politiques. Il affirme que les faits ne relèvent « ni de la rumeur ni de l’interprétation », mais constituent une réalité vécue par de nombreux opposants.
« Cette liste est le reflet d’une réalité vécue par des femmes et des hommes dont le seul tort a été de s’opposer ou de penser autrement », soutient-il.
Un témoignage personnel et des accusations graves
Se présentant comme témoin direct, l’opposant politique indique avoir lui-même subi la répression du système en place à l’époque, évoquant des arrestations répétées et des menaces sur sa vie. Il dénonce également des massacres à grande échelle, affirmant en être « témoin oculaire et rescapé », tout en regrettant l’absence de vérité et de justice pour les victimes.
« Cette liste non exhaustive n’est pas seulement une mémoire. Elle est une accusation », insiste-t-il.
Une liste de prisonniers d’opinion
Dans son document, Moïse Moni Della publie une liste de plusieurs personnalités arrêtées entre 2001 et 2018. Parmi elles figurent notamment Jean-Bertrand Ewanga, Jean-Claude Muyambo, Patient Ligodi, Stanis Bujakera, Ne Muanda Nsemi, Diomi Ndongala, Franck Diongo, Fred Bauma. Cette liste inclut également des activistes, journalistes, militaires et responsables politiques, arrêtés à différentes périodes sous le régime de Kabila.
Des figures de l’exil politique
Le document évoque par ailleurs plusieurs personnalités contraintes à l’exil durant cette période. Parmi les plus connues, on retrouve Moïse Katumbi, Jean-Pierre Bemba, Olivier Kamitatu, Roger Lumbala.
Un appel à la mémoire et à la vérité
À travers cette publication, Moïse Moni Della entend raviver le débat sur la gouvernance passée en République Démocratique du Congo et interpeller l’opinion publique sur la nécessité de préserver la mémoire collective. Pour lui, toute tentative de réécriture de l’histoire doit être confrontée aux faits et aux témoignages de ceux qui ont vécu ces événements. « L’histoire ne peut être falsifiée sans être contestée », conclut-il.
La Gazette du Continent
