Le Centre culturel et artistique des pays d’Afrique centrale (CCAPAC) de Kinshasa a été le théâtre, ce mercredi 08 avril 2026, de l’ouverture de la première Conférence nationale sur les Infrastructures et les Travaux Publics (CN-ITP) en République Démocratique du Congo. Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a présidé la cérémonie de lancement de ces assises capitales.
Cette conférence marque une étape significative pour la modernisation du pays, s’inscrivant dans une vision stratégique étendue jusqu’à l’horizon 2034. Elle intervient dans le cadre de la mise en œuvre du Plan national stratégique de développement (PNSD), qui positionne la modernisation des infrastructures comme un pilier essentiel de la transformation économique, sociale et territoriale de la RDC. L’initiative s’aligne également sur les priorités africaines actuelles, notamment en matière de corridors, d’intégration logistique, de chaînes de valeur régionales et de résilience climatique.

La tenue de cette conférence fait suite à la 13ᵉ Conférence des Gouverneurs, qui avait mis en lumière des préoccupations majeures telles que l’enclavement des provinces, la faiblesse du réseau routier revêtu, la dégradation des voies ferrées, le sous-équipement portuaire et fluvial, ainsi que l’insuffisance de l’offre énergétique et numérique. Une situation qui, selon les observations, entrave l’intégration du marché national, renchérit les coûts logistiques et freine la dynamique de production.
Placées sous le thème « Infrastructures durables et innovantes : vers un système moderne et compétitif pour les ITP en RDC », ces assises réunissent jusqu’au 10 avril plus de 500 acteurs et experts issus des secteurs public et privé, du monde académique, ainsi que des partenaires techniques et financiers. Leur mission est de traduire cette vision en actions concrètes, à travers un cadre d’investissement durable au service du développement économique des provinces.

Dans son discours d’ouverture, le Chef de l’État a réaffirmé sa vision centrale : « faire des infrastructures et des travaux publics le socle de la diversification de notre économie et de l’intégration effective de notre territoire ». Il a insisté sur l’importance des infrastructures, les décrivant comme « l’ossature même de l’État. Elles structurent le territoire. Elles relient les populations. Elles fluidifient les échanges. Elles soutiennent la production. Elles sécurisent l’investissement. Elles conditionnent, en définitive, la capacité d’une nation à transformer ses ressources en prospérité partagée. C’est donc une question de souveraineté, de cohésion nationale et de compétitivité».
Cette ambition implique des projets structurants, notamment le développement du chemin de fer à écartement standard, la montée en puissance du port en eau profonde de Banana, ainsi que l’interconnexion progressive des infrastructures routières, ferroviaires, fluviales et portuaires. L’objectif est de capter une part croissante des flux de marchandises et de personnes générés par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

Conscient de l’urgence de bâtir mieux, durablement et de façon innovante, le Président de la République a exhorté les parties prenantes à considérer cette conférence non pas comme un simple forum d’intentions, mais comme un moment de clarification, de méthode et de décision. Il a appelé à sortir d’une « logique de réparation permanente pour entrer dans une véritable culture de système. Un système qui planifie, qui norme, qui entretient, qui anticipe, qui évalue les coûts sur le cycle de vie des ouvrages ; un système, enfin, qui intègre les exigences du climat, de l’innovation, de la durabilité et de la compétitivité».

Auparavant, le ministre d’État, ministre des Infrastructures et Travaux Publics, John Banza Lunda, a insisté sur l’impératif de passer à des infrastructures durables et innovantes, soulignant que le modèle actuel (seulement 2 % de routes revêtues) n’est plus viable pour les ambitions de croissance du pays. L’objectif ultime est de connecter les 26 provinces entre elles par des routes et des voies ferrées fiables, condition sine qua non pour stabiliser l’économie et réduire le coût de la vie.
Tenplar Ngwadi
