La République démocratique du Congo poursuit l’adaptation de sa politique minière aux évolutions des marchés mondiaux. Réuni en Conseil des ministres le vendredi 29 mai, le gouvernement a examiné et adopté un projet de décret présenté par le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, visant à compléter le décret n°18/042 du 24 novembre 2018 relatif aux substances minérales stratégiques.
Jusqu’à présent, le cobalt, le germanium et la colombo-tantalite, plus connue sous le nom de coltan, figuraient parmi les substances reconnues comme stratégiques. Le nouveau texte élargit désormais cette catégorie à plusieurs minerais considérés comme essentiels pour les industries de pointe et la transition énergétique.
Parmi les ressources nouvellement intégrées figurent le tantale, le niobium, le tungstène, le lithium et l’uranium. Selon l’exécutif, cette révision est motivée par « l’évolution des marchés de matières premières critiques et l’importance croissante de plusieurs substances minérales tant pour les filières stratégiques que pour les technologies émergentes et le secteur de l’énergie nucléaire ».
Le gouvernement estime qu’il est devenu nécessaire d’intégrer ces minerais à la liste des substances stratégiques au regard de leurs nombreuses applications industrielles. L’objectif affiché est de renforcer l’encadrement de leur exploitation dans un contexte où ces ressources occupent une place centrale dans les enjeux économiques et géopolitiques mondiaux.
Pour les autorités congolaises, la démarche répond à un double impératif économique et souverain. L’exécutif affirme vouloir tirer pleinement profit du caractère critique et géostratégique de ces ressources dont regorge le sous-sol congolais. Le lithium, indispensable à la fabrication des batteries, et l’uranium, ressource clé pour l’énergie nucléaire, figurent parmi les minerais les plus concernés par cette nouvelle orientation.
Cette décision intervient alors que la demande mondiale en métaux liés à la transition énergétique connaît une forte progression. Le tungstène et le tantale, largement utilisés dans les secteurs de l’aéronautique, de l’électronique et de l’armement, feront désormais l’objet d’un suivi plus rigoureux au sein de leur chaîne de valeur.
Après débat et délibération, le Conseil des ministres a validé le projet de décret. Cette adoption offre au gouvernement des instruments juridiques renforcés pour négocier, taxer et assurer le suivi de ces substances désormais considérées comme des actifs stratégiques.
À travers cette réforme, la RDC entend passer du statut de simple fournisseur de matières premières à celui d’acteur capable de mieux valoriser ses ressources naturelles. L’opérationnalisation de ces nouvelles dispositions, notamment en matière de contrôle, de traçabilité et de retombées locales, constituera toutefois un enjeu déterminant pour traduire ce nouveau statut en bénéfices concrets.
Tenplar Ngwadi
