Le ministre de l’Industrie ad intérim a tiré la sonnette d’alarme lors du Conseil des ministres du 10 avril 2026 sur l’ampleur des créances en souffrance du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI), estimées à près de 300 millions de dollars américains.
Cette situation, jugée préoccupante, prive l’État et le secteur industriel de ressources essentielles destinées à soutenir la relance économique, la transformation locale des matières premières et le financement des projets industriels.
Selon lui, ces impayés constituent un frein majeur au bon fonctionnement du FPI, dont la mission principale est d’accompagner les entreprises industrielles à travers des mécanismes de financement adaptés.
Un audit pour assainir la gestion et identifier les défaillances
Face à cette situation, le ministre a préconisé la réalisation d’un audit approfondi du portefeuille des créances. L’objectif est double. Il s’agit d’une part, d’établir une cartographie claire des débiteurs et des montants dus ; d’autre part, d’analyser les procédures de gestion internes afin de détecter d’éventuels dysfonctionnements ou failles dans le système de recouvrement. Cet audit devrait également permettre d’identifier les mécanismes les plus efficaces pour récupérer les fonds, tout en renforçant la transparence et la redevabilité dans la gestion des ressources publiques.
Vers la mise en place d’une commission spéciale de recouvrement
Pour accélérer le processus, le ministre a proposé la création d’une commission spéciale dédiée au traitement des créances du FPI. Cette structure aurait pour missions principales de catégoriser les débiteurs selon leur capacité de remboursement, d’engager des négociations en vue d’accords de paiement amiables et, le cas échéant, de recourir à des procédures de recouvrement forcé. En outre, la commission serait habilitée à recommander des mesures conservatoires, notamment la saisie ou le gel des biens des débiteurs insolvables, afin de sécuriser les intérêts de l’État.
Au-delà du recouvrement, cette démarche vise également à accélérer l’application stricte des textes légaux encadrant la taxe de promotion de l’industrie, principale source d’alimentation du FPI. Le ministre insiste sur la nécessité de faire respecter les obligations fiscales des entreprises concernées pour éviter l’accumulation de nouvelles créances.
Un enjeu crucial pour la relance industrielle
Dans un contexte où la République Démocratique du Congo cherche à diversifier son économie et à renforcer son tissu industriel, la récupération de ces fonds apparaît comme un levier stratégique. Le gouvernement est ainsi appelé à apporter un appui politique, administratif et judiciaire afin de garantir l’efficacité des actions engagées. La résolution de cette problématique pourrait non seulement améliorer la capacité d’intervention du FPI, mais aussi restaurer la confiance dans les mécanismes publics de financement du développement industriel.
La Gazette du Continent
