La ville de Goma située dans l’Est de la République démocratique du Congo enregistre son premier cas confirmé de maladie à virus Ebola, souche Bundibugyo. L’annonce a été faite ce dimanche 16 mai 2026 par les autorités provinciales du Nord-Kivu à travers une déclaration officielle du gouvernorat de facto mis en place par le groupe politique militaire Alliance Fleuve Congo-M23 qui contrôle la zone.
Selon les services sanitaires, le patient confirmé serait récemment arrivé de Bunia, en province de l’Ituri, où l’épidémie connaît une progression préoccupante depuis plusieurs semaines.
Dès la confirmation du cas, les autorités sanitaires ont activé les mécanismes de riposte afin de limiter tout risque de propagation. Le malade a été isolé et pris en charge conformément aux protocoles médicaux en vigueur. Les équipes de surveillance poursuivent actuellement l’identification et le suivi des personnes ayant été en contact avec lui.
Les dernières données épidémiologiques publiées au 16 mai font état de 401 cas suspects et 107 décès suspects recensés en RDC. Quatre cas confirmés et quatre décès confirmés ont été enregistrés, principalement dans la province de l’Ituri.
Les zones de santé de Mongbwalu et Rwampara figurent parmi les foyers les plus touchés. Les autorités sanitaires craignent notamment une propagation accélérée en raison des déplacements de population entre l’Ituri et les grandes agglomérations de l’Est du pays.
Les analyses effectuées par l’Institut National de Recherche Biomédicale (INRB) ont identifié une souche Ebola de type Bundibugyo, différente de la souche Zaïre connue lors des précédentes épidémies en RDC. Cette variante fait actuellement l’objet d’analyses complémentaires afin d’adapter la stratégie de riposte sanitaire.
À Goma, les dispositifs de contrôle ont été renforcés dans les structures médicales, aux points d’entrée et de sortie ainsi que dans les zones fortement fréquentées. Les équipes médicales restent mobilisées pour assurer la surveillance épidémiologique et la sensibilisation communautaire.
Les autorités rappellent que la maladie se transmet par contact direct avec le sang, les liquides biologiques ou des objets contaminés. Elles précisent également qu’Ebola ne se transmet pas par voie aérienne.
Parmi les symptômes fréquemment observés figurent la fièvre soudaine, les maux de tête intenses, les douleurs musculaires, les vomissements, la diarrhée, la fatigue généralisée et certains saignements inexpliqués.
Face à cette situation, la population est appelée à respecter strictement les mesures de prévention, notamment le lavage régulier des mains, l’évitement des contacts avec des personnes présentant des symptômes suspects et le signalement rapide de tout cas suspect auprès des structures sanitaires. Les autorités provinciales invitent également la population à garder son calme et à éviter la propagation de rumeurs, tout en collaborant avec les équipes de santé déployées sur le terrain.
Magloire Mutulwa
