Le Tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe doit rendre, le 15 mai 2026, sa décision sur la demande de mise en liberté provisoire de l’activiste pro-démocratie Nathanaël Onokomba Shako, ancien proche de l’opposant Seth Kikuni.
L’audience publique foraine se tiendra à partir de 10 heures au sein de la Prison militaire de Ndolo, après plus de six reports successifs du dossier. Selon Me Godefroid Mwanabwato, les juges militaires devront se prononcer sur plusieurs requêtes introduites par la défense. Il s’agit notamment de l’exception d’incompétence soulevée contre la juridiction militaire, les avocats estimant qu’un tribunal militaire ne peut juger un civil non militaire.
La défense demande également le rejet de tous les procès-verbaux établis par le Centre national de cyberdéfense (CNC), qu’elle accuse d’avoir été dressés en violation des normes légales et des procédures judiciaires en vigueur. Enfin, les avocats sollicitent la mise en liberté provisoire de leur client.
« Après plus de six reports, nous avons finalement reçu confirmation de la tenue du prononcé de cette décision. Nous restons sereins et continuons à faire confiance à la justice, convaincus que le droit sera dit », a déclaré Me Mwanabwato.
Nathanaël Onokomba Shako est poursuivi dans une affaire suivie par la justice militaire dans un contexte marqué par une surveillance accrue des contenus numériques et des activités sur les réseaux sociaux. Son dossier implique notamment des procès-verbaux dressés par les services du Centre national de cyberdéfense.
Depuis l’ouverture de la procédure, la défense conteste la régularité des actes d’enquête ainsi que la compétence de la juridiction militaire à juger un civil. Les audiences ont connu plusieurs renvois, prolongeant l’attente autour d’une éventuelle remise en liberté provisoire du prévenu.
Cette affaire intervient dans un climat de débats récurrents en République Eémocratique du Congo sur les limites de la compétence des juridictions militaires à l’égard des civils et sur l’encadrement légal des enquêtes numériques menées par les structures spécialisées de cyberdéfense.
Plusieurs organisations de défense des droits humains et acteurs politiques suivent de près l’évolution de ce dossier, considéré comme sensible sur le plan judiciaire et politique.
La Gazette du Continent
