La ville de Goma située dans l’Est de la République démocratique du Congo franchit une nouvelle étape dans la protection de son environnement. Réunis samedi 25 juillet 2026 au Centre interculturel Pole Institute, des représentants de la société civile, des universités, des médias, des entreprises, des organisations environnementales et d’autres acteurs locaux ont adopté officiellement la Charte écologique de Goma, à l’initiative de l’organisation Les Écologistes RDC.
L’adoption de cette charte est l’aboutissement d’un processus lancé en 2024. Selon les organisateurs, le document a fait l’objet de plusieurs consultations auprès des parties prenantes, dont les observations et amendements ont été intégrés avant sa validation finale.
Au début de la rencontre, les participants ont été invités à se présenter avant l’ouverture des travaux. Le modérateur, l’honorable Prince Kihangi, a indiqué que les trois derniers mois avaient été consacrés à la finalisation du texte. Il a expliqué que cette table ronde visait à doter officiellement Goma d’une charte écologique, tout en exprimant le souhait que cette initiative puisse, à terme, être étendue à d’autres villes, voire à l’ensemble de la République démocratique du Congo.
Au total, 69 parties prenantes ont signé le document et constitué le Réseau écologique de Goma, une plateforme chargée d’accompagner la mise en œuvre des engagements contenus dans la charte, d’assurer le suivi des actions entreprises et d’évaluer leur impact.
Un diagnostic des défis environnementaux
Dans son préambule, la Charte écologique dresse un état des lieux des principaux défis auxquels est confrontée la ville de Goma. Le document évoque notamment la forte pression démographique, estimée à près de deux millions d’habitants, l’envahissement des espaces verts, la mauvaise gestion des déchets, la déforestation, les risques liés au gaz méthane du lac Kivu, les éruptions volcaniques ainsi que les effets des changements climatiques.
Le texte rappelle également plusieurs instruments juridiques nationaux et internationaux qui fondent cette démarche, notamment la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (1992), le Protocole de Kyoto (1997), l’Accord de Paris sur le climat (2015), la Constitution de la RDC, la législation congolaise sur la protection de l’environnement et la conservation de la nature, ainsi que le décret portant création du Couloir Vert Kivu-Kinshasa.
Dix engagements pour une gouvernance écologique
Composée de dix articles, la charte définit un ensemble d’engagements destinés à promouvoir une ville plus résiliente, propre et climato-intelligente.
Les signataires s’engagent notamment à renforcer l’éducation environnementale, promouvoir le reboisement, améliorer la gestion des déchets, réduire l’utilisation des plastiques, encourager les énergies propres, lutter contre le gaspillage des ressources, restaurer les espaces verts et développer un mécanisme d’alerte précoce face aux atteintes à l’environnement.
Le document prévoit également une évaluation régulière des actions menées et encourage la mobilisation de partenariats publics et privés en faveur de la protection de l’environnement.
Une adoption par acclamation
Au cours de la séance, chacun des articles de la charte a été lu, discuté puis adopté par acclamation. Les représentants des organisations participantes ont ensuite procédé à la signature officielle du document.
Pour matérialiser cet engagement collectif, les parties prenantes ont planté un arbre symbolique à l’issue de la cérémonie. Devant la presse, plusieurs participants ont exprimé leur volonté de traduire dans les faits les engagements contenus dans cette charte.
Selon les initiateurs, cette adoption constitue une étape importante dans la promotion d’une gouvernance environnementale participative à Goma et dans la mobilisation des différents acteurs autour des enjeux climatiques et de la protection des écosystèmes locaux.
Magloire Mutulwa
