La ville de Kananga, chef-lieu du Kasaï-Central, a servi de tribune à une déclaration politique pour le moins remarquée. Lors d’un meeting tenu devant une foule de sympathisants, la vice-ministre de l’Intérieur, Eugénie Tshiela Kamba, a apporté son soutien explicite au projet de changement de la Loi fondamentale en République démocratique du Congo (RDC).
S’exprimant en tshiluba, la vice-ministre a plaidé pour que le processus de révision constitutionnelle soit centralisé à Kananga. Pour Eugénie Tshiela Kamba, la ville représente le berceau du constitutionnalisme congolais, par opposition à l’actuelle Constitution de 2006 qu’elle qualifie de texte importé.
« Notre souhait est que le changement de la constitution puisse avoir lieu à Kananga, c’est le lieu où les Congolais ont rédigé la première constitution dite de Luluabourg en 1964, et non l’actuelle constitution rédigée à l’étranger », a-t-elle affirmé, critiquant ainsi un texte élaboré à l’époque avec l’appui de la communauté internationale.

Au-delà de l’ancrage géographique du futur texte, la vice-ministre a surpris l’auditoire en justifiant un maintien prolongé de Félix Tshisekedi au pouvoir par un argument lié aux performances sportives du pays. Elle a ainsi établi un parallèle entre la longévité politique et la qualification historique des Léopards pour la Coupe du Monde de football, intervenue 52 ans après leur dernière participation.
« Le Président Félix Tshisekedi doit encore rester au pouvoir jusqu’à 52 ans, vu qu’il nous a qualifiés pour la Coupe du Monde 52 ans après », a-t-elle soutenu. Pour appuyer cette thèse, elle a invoqué une symbolique puisée dans le pouvoir politique antique, lequel serait, selon ses termes, « renforcé par le concours de jeu ».
Cette sortie médiatique intervient alors que le débat sur la révision de la Constitution cristallise les tensions entre la majorité et l’opposition, cette dernière y voyant une manœuvre pour lever les verrous limitant le nombre de mandats présidentiels.
Tenplar Ngwadi
