Le procès de l’opposant ougandais Kizza Besigye s’ouvre ce lundi devant la Haute Cour, après le rejet de la requête par laquelle il tentait d’obtenir l’arrêt des poursuites engagées contre lui et son coaccusé, Hajji Obeid Lutale.
Quelques jours avant l’ouverture des débats, la division criminelle de la Haute Cour de Kampala a estimé que cette demande ne reposait sur aucun fondement juridique et qu’elle avait pour effet de retarder le déroulement de la procédure.
Les deux hommes sont poursuivis pour trahison et non-dénonciation de trahison. Ils contestent la légalité de leur arrestation, de leur détention et des poursuites intentées contre eux, affirmant que leurs droits constitutionnels, notamment celui de bénéficier d’un procès équitable, ont été violés.
Dans leur argumentation, les prévenus soutiennent avoir été victimes d’un enlèvement illégal à Nairobi, au Kenya, le 16 novembre 2024, par des officiers de l’armée ougandaise. Ils demandent à la justice de reconnaître le caractère illégal de cette opération, estimant qu’elle rend irrecevable toute la procédure pénale engagée par la suite.
Kizza Besigye et Hajji Obeid Lutale dénoncent également des actes de torture, une détention prolongée ainsi que des déclarations publiques qu’ils jugent préjudiciables, attribuées au chef des Forces de défense ougandaises, le général Muhoozi Kainerugaba, fils du président Yoweri Museveni.
Le ministère public soutient, pour sa part, que les deux accusés auraient organisé des réunions dans plusieurs pays afin de rechercher des financements, se procurer des armes et préparer des activités destinées à déstabiliser le gouvernement. Les procureurs affirment disposer d’éléments de preuve, notamment des enregistrements, des échanges de messages et des documents de voyage, pour étayer ces accusations.
À la suite du rejet de leur recours, Kizza Besigye et Hajji Obeid Lutale demeurent placés en détention provisoire dans l’attente de l’issue de leur procès.
Tenplar Ngwadi
