La 7ᵉ édition du Festival Musika na Kipaji s’ouvre ce vendredi 27 mars jusqu’au dimanche 29 Mars 2026. Cet événement culturel annuel met en avant la promotion des droits des femmes à travers les arts, dans un contexte marqué par des défis sécuritaires et sociaux persistants dans la région.
Pendant trois jours, le public est invité à participer à une programmation variée mêlant musique, danse, peinture, DJing, acrobatie ainsi que la projection du film Riziki. Les premières activités sont prévues dans la localité de Shasha (Masisi), le premier jour, avant la poursuite des festivités les deux derniers jours à la Maison des Jeunes (Foyer Culturel) à Goma.
Intervenant à ce sujet, la directrice du festival, Esther Abumba, souligne la dimension engagée de l’événement : « Le Festival Musika na Kipaji œuvre dans la promotion des droits des femmes en utilisant les arts et la culture comme une arme de lutte contre les violences basées sur le genre dans leur communauté », a-t-elle déclaré au micro de la Gazette du Continent.

Selon elle, cette initiative vise également à renforcer la cohésion sociale dans une région affectée par les conflits : « L’objectif principal de cette édition, c’est de faire en sorte que les femmes soient des ponts de la paix, du vivre-ensemble et de la cohésion sociale dans la région des Grands Lacs », a-t-elle ajouté.

La directrice insiste sur le rôle de l’art comme facteur de rapprochement entre les communautés : « L’art utilise un seul langage universel (…) c’est un espace qui favorise le croisement de cultures et de personnes qui ne partagent pas forcément les mêmes opinions, mais qui se réunissent autour d’une même cause », a-t-elle expliqué.
Dans un contexte post-conflit, le festival se veut également un cadre de reconstruction sociale et culturelle : « Ce sera un moyen pour nous de nous réunir après les atrocités vécues, de partager, d’admirer la créativité des femmes, mais aussi de nous reconstruire », a poursuivi Esther Abumba.
Toutefois, elle reconnaît l’existence de plusieurs obstacles au vivre-ensemble, notamment les discriminations et les discours de haine. Le festival ambitionne ainsi de servir de plateforme pour promouvoir la paix et les droits des femmes à travers le talent artistique.

Créé en 2019 à Goma, le Festival Musika na Kipaji, qui signifie « Femme et talent » en swahili, s’est progressivement imposé comme une plateforme majeure de valorisation du leadership féminin et de promotion de la cohésion sociale dans la région des Grands Lacs. Au fil des éditions, il a accueilli des artistes venus de plusieurs pays, notamment du Rwanda, du Burundi et du Zimbabwe.
Après une 6ᵉ édition en 2024 axée sur la thématique « femme numérique et environnement », l’édition 2026 met un accent particulier sur la résilience des communautés face aux conflits. À travers cette 7ᵉ édition, le Festival Musika na Kipaji confirme ainsi son positionnement comme un espace d’expression culturelle et citoyenne, au service de la résilience, de l’égalité et du dialogue dans l’Est de la RDC.
Magloire Mutulwa
