Le président français Emmanuel Macron a averti qu’une multiplication de sanctions collectives contre le Rwanda, dans le sillage des mesures américaines, offrirait « peu de chances de convaincre le Rwanda d’avoir une politique coopérative » dans le conflit qui secoue l’Est de la République démocratique du Congo.
Invité de TV5MONDE, France 24 et Radio France Internationale à la clôture du sommet « Africa Forward », le chef de l’État français est revenu ce mardi 12 mai 2026, sur la position de la France concernant la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
« Nous voulons le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale congolaise, donc le retrait de toutes les forces. D’ailleurs, elles ne sont pas que rwandaises, celles qui sont présentes sur le sol congolais », a déclaré Emmanuel Macron.
Interrogé sur la possibilité pour France ou l’Union européenne d’adopter des sanctions similaires à celles prises par l’OFAC américaine contre les Forces de défense rwandaises, le président français a clairement écarté cette option.
Selon lui, une « course aux sanctions » risquerait davantage de braquer Kigali que de l’inciter à coopérer. La position défendue par Paris et portée également au niveau européen privilégie ainsi le dialogue politique, la médiation collective et la recherche d’une solution diplomatique.
Le président français a résumé la position de son pays autour de quatre axes : le respect de la souveraineté congolaise, la reprise du dialogue politique avec le M23 et toutes les parties concernées, la reprise du contrôle de l’Est de la RDC par les autorités congolaises ainsi que la lutte contre les groupes terroristes.
Emmanuel Macron a également appelé les présidents Paul Kagame et Félix Tshisekedi à poursuivre le dialogue politique afin de mettre fin au conflit.
Revenant sur l’implication croissante des États-Unis dans la région, le président français a évoqué l’accord proposé par le président américain Donald Trump à la RDC autour des questions sécuritaires et minières, tout en estimant que « la paix, si on est honnête, n’est pas encore là ».
Au cours de cet entretien, le chef de l’État français est également revenu sur la présence militaire française au Sahel et les tensions avec les pays membres de l’Alliance des États du Sahel, à savoir le Mali, le Burkina Faso et le Niger.
« J’en veux beaucoup à ces dirigeants. Ils ont été extrêmement offensants avec nos soldats », a déclaré Emmanuel Macron, rappelant que la France était intervenue au Mali en 2013 à la demande des autorités maliennes de l’époque.
Le président français a par ailleurs affirmé que la France avait « complètement repensé sa relation de paix et de sécurité avec le continent africain », évoquant de nouveaux partenariats sécuritaires avec des pays comme le Bénin et le Ghana.
Sur le plan économique, Emmanuel Macron a plaidé pour « un partenariat d’égal à égal » entre la France et l’Afrique, estimant que les pays africains attendaient davantage des investissements que de l’aide au développement.
Aux côtés du président kényan William Ruto, il a annoncé plus de 23 milliards d’investissements destinés aux économies africaines, dont 14 milliards issus du secteur privé français dans des domaines comme l’agriculture et le numérique.
Le chef de l’État français a enfin appelé à « un cessez-le-feu le plus rapide possible » au Soudan, dénonçant des « crimes de masse » et estimant que « la priorité, c’est la fin des armes et du financement extérieur ».
Tenplar Ngwadi
