Un magistrat et professeur d’université se retrouve au cœur d’un confit de longue date. Il est allé devant la justice et a gagné les procès. Mais l’exécution des décisions de justice est ignorée pour le simple fait qu’il se retrouve devant un commissaire divisionnaire de la Police nationale congolaise. Ce dernier a été poursuivi pour rébellion et de déni de justice.
Le professeur Léopold Kondaloko Omanyondo, président à la Cour d’appel de Kinshasa-Gombe, a dénoncé publiquement, le 25 avril 2026 à Kinshasa, ce qu’il qualifie de comportement d’un citoyen se plaçant « au-dessus des lois de la République » dans un litige foncier qui dure depuis plusieurs années.
Une parcelle au cœur d’un conflit de longue date
Selon le magistrat, l’affaire remonte à 2008, année où il acquiert un lopin de terre dans la commune de Mont-Ngafula, au lotissement Lemba Imbu, auprès de Wilfrid Bikilu. Il affirme avoir occupé paisiblement cette parcelle jusqu’en septembre 2015, lorsqu’un officier identifié comme le commissaire supérieur principal Joachim Moba (son grade à l’époque des faits) aurait investi les lieux avec l’appui de policiers, y construisant une maisonnette. Saisi à l’époque, un responsable de la Police nationale congolaise aurait ordonné la libération de la parcelle en faveur du propriétaire légal, documents à l’appui.
Des décisions de justice ignorées
Après plusieurs années de relative accalmie, le conflit ressurgit en juillet 2022. Le magistrat accuse le commissaire divisionnaire adjoint Joachim Moba d’avoir réoccupé la parcelle avec des policiers armés, expulsant les locataires. Une procédure judiciaire est alors engagée pour occupation illégale et faux en écriture. En 2024, le Tribunal de Grande Instance de Kinshasa-Gombe donne raison au professeur Kondalo, une décision confirmée en appel par la Cour d’Appel. L’exécution du jugement intervient le 10 avril 2024, avec expulsion des occupants et remise officielle des clés.
Cependant, le même jour, le magistrat affirme que Joachim Moba serait revenu sur les lieux avec des éléments armés, brisant les scellés et réinstallant des occupants, en violation de la décision judiciaire.
Accusations de rébellion et de déni de justice
Face à cette situation, une nouvelle plainte est déposée en avril 2026 devant l’auditorat général des FARDC pour rébellion et bris de scellés. Le professeur Kondalo indique avoir également saisi plusieurs autorités, dont le président de la République, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka et le vice-Premier ministre en charge de l’Intérieur, afin de garantir le suivi du dossier. Le magistrat déplore par ailleurs ce qu’il considère comme un « déni de justice ». Il affirme que certaines procédures antérieures, notamment pour occupation illégale et faux en écriture, ont été classées sans suite pour insuffisance de preuves, tandis que d’autres plaintes, notamment pour menaces de mort, n’ont pas encore abouti.
Une situation qu’il juge préoccupante pour l’État de droit, appelant à une intervention des autorités compétentes afin de faire respecter les décisions de justice rendues au nom du peuple congolais.
La Gazette du Continent
