Appels croissants à une enquête indépendante sur les événements de Minneapolis
Donald Trump faisait face lundi à des appels croissants, y compris de son propre camp, en faveur d’une enquête indépendante sur l’homicide d’un deuxième citoyen américain, tué par la police fédérale de l’immigration à Minneapolis.
« Nous examinons la situation, nous passons tout en revue et nous rendrons une décision », a déclaré le président Donald Trump dans une brève interview téléphonique dimanche soir avec le Wall Street Journal.

« Je n’aime pas les tirs. Je n’aime pas ça », a-t-il ajouté, plus prudent que plusieurs membres de son équipe depuis deux jours. « Mais je n’aime pas non plus quand quelqu’un se rend à une manifestation avec une arme très puissante, entièrement chargée, et deux chargeurs remplis de balles en plus ».
Alex Pretti, un infirmier américain de 37 ans employé en service de réanimation dans un hôpital pour anciens combattants, a été tué par balles samedi lors d’une manifestation contre des opérations de la police de l’immigration (ICE).
Et les vidéos disponibles semblent démentir la version de l’administration, dans une atmosphère déjà tendue à l’extrême depuis la mort de Renee Good, une Américaine tuée par balle le 7 janvier dans la même ville par un agent de l’ICE.

Selon le Washington Post, deux audiences sont prévues lundi devant un tribunal du Minnesota. Une plainte vise à empêcher les autorités fédérales de détruire des preuves de l’incident. Dans la seconde, le procureur général de l’État demande la fin du déploiement d’agents fédéraux de l’immigration dans l’État.
Sur ce dernier point, Donald Trump a sous-entendu que les forces fédérales quitteraient Minneapolis « à un moment donné ». Mais il n’a donné aucune date et loué leur « travail phénoménal ».
Les déclarations des hauts responsables américains ont été vivement critiquées par les démocrates, mais aussi par des sénateurs républicains. Et les ex-présidents démocrates Bill Clinton et Barack Obama ont appelé les Américains à défendre leurs valeurs.
« Il appartient à tous ceux d’entre nous qui croient en la promesse de la démocratie américaine de se lever, de s’exprimer », a déclaré Bill Clinton, estimant que l’administration Trump avait « menti » sur ces deux décès.
Albert Toussaint avec AFP
