L’entrevue s’est déroulée en présence du directeur de l’établissement, entre 19 heures et 19 h 45 .
Comme il l’avait annoncé, le ministre de la justice, Gérald Darmanin, a respecté sa parole, il a rendu visite à Nicolas Sarkozy à la prison de la Santé, dans la soirée du mercredi 29 octobre.
Le ministre de la Justice ne voit aucune atteinte à l’indépendance de la justice dans sa promesse de visite : il est de sa responsabilité de s’assurer de la bonne organisation de cette détention hors norme comme de la sécurité de l’ancien chef de l’Etat, a-t-il fait valoir.
Les magistrats et l’opposition ont fustigé le comportement de Gerard Darmanin
Pour le plus haut procureur de France , Rémy Heitz, qui dirige le parquet de la Cour de cassation et copréside le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), une telle visite pose un « risque d’obstacle à la sérénité » de la justice, et « donc d’atteinte à l’indépendance des magistrats ».
« S’assurer de la sécurité d’un ancien président de la République en prison, fait sans précédent, n’attente en rien à l’indépendance des magistrats mais relève du devoir de vigilance du chef d’administration que je suis, responsable devant le Parlement selon l’article 20 de la Constitution », avait répliqué le ministre de la justice. Cet article dispose que « le gouvernement détermine et conduit la politique de la Nation » et « dispose de l’administration et de la force armée ».
L’ancien président de la République bénéficie, par ailleurs, de la protection de deux officiers de sécurité, une mesure exceptionnelle prise « eu égard à son statut et aux menaces qui pèsent sur lui », avait expliqué le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez.

Le Parti socialiste avait aussi critiqué le fait que M. Sarkozy ait été reçu quelques jours avant son incarcération par le président de la République, Emmanuel Macron.
Il était « normal », « sur le plan humain », de recevoir son prédécesseur, s’était alors justifié lundi Emmanuel Macron ajoutant avoir « des propos publics toujours très clairs sur l’indépendance de l’autorité judiciaire ».
Le fait de recevoir à l’Elysée et d’aller visiter en prison Nicolas Sarkozy, « condamné pour des faits extrêmement graves » dans l’affaire du financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007, « ne correspond pas au respect des institutions », avait pourfendu le premier secrétaire du Parti socialiste, Olivier Faure.
Albert Toussaint pour La Gazette du Continent
