Le saxophoniste Manu Dibango est mort le mardi 24 mars des suites du Covid-19, à l’âge de 86 ans.
La famille du chanteur et saxophoniste avait annoncé, le mardi 24 mars 2020, son décès des suites du Covid-19. Le 18 mars 2020, un communiqué publié sur sa page Facebook annonçait son hospitalisation, à la suite d’une infection par le coronavirus, et pourtant les mots étaient rassurants -« Manu se repose et récupère dans la sérénité »-, il fallait couper court aux rumeurs qui enfilaient déjà dans les réseaux.
Qui était Manu Dibango ?
L’histoire de Manu commence sous le nom d’Emmanuel Dibango, né d’une mère couturière et d’un père fonctionnaire, le 12 décembre 1933, à Douala, au Cameroun. Arrivé à Marseille en 1949 alors qu’il était adolescent, il apprend le piano au lycée de Chartres.
C’est surtout grâce à Francis Bebey rencontré en colonie de vacances, à Saint-Germain-en-Lay qu’il découvre le saxo et le jazz.
Dans les années 50, il néglige ses études ,passe ses nuits dans des cabarets à Paris, il rate son bac, son père lui coupe les vivres, il s’installe à Bruxelles. Embauché au Tabou, un cabaret à la mode, il y séduit un mannequin, Marie-Josée dite « Coco », qui devient sa femme. Il fait une rencontre déterminante lorsqu’il devient responsable d’une boîte bruxelloise, Les Anges noirs.
Il s’agit de Grand Kallé , de son vrai nom Joseph Kabasele, père de la musique moderne congolaise. Créateur d’Indépendance cha cha-l’hymne des indépendances africaines -, Grand Kallé embauche Manu Dibango comme saxophoniste dans son orchestre African Jazz.
Manu s’installera plus à Léopoldville (Kinshasa)
Il retourne en France , l’année 1972, c’est le triomphe, c’est l’année du Soul Makossa. Il fait l’Olympia en 1973 et dans la foulée toutes les grandes salles du monde. Il était nommé l’artiste de l’Unesco pour la paix en 2004, et mettait souvent sa notoriété au service de combats ,comme la libération de Nelson Mandela.
Chevalier de la Légion d’honneur en 2010, il était encore en pleine forme et en tournée l’an passé pour ses 60 ans de carrière .
Jean-Claude Mass Mombong
