Le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, a pris part, ce mercredi à N’Djamena, au Tchad, à la cérémonie d’ouverture du Forum africain de l’eau, organisée en présence de quatre autres chefs d’État, de représentants de vingt-cinq pays africains, ainsi que de partenaires au développement et de délégués du secteur privé.
À cette occasion, le chef de l’État congolais a présenté cinq orientations qu’il juge essentielles pour relever les défis liés à la gestion des ressources hydriques sur le continent.

La première porte sur l’intégration des politiques publiques. Félix Tshisekedi a estimé que les secteurs de l’eau, de l’agriculture, de l’énergie, de la santé, de l’urbanisme, de l’environnement et des infrastructures doivent désormais être pensés de manière coordonnée, à l’échelle des bassins, des territoires, des villes et des systèmes économiques.
La deuxième orientation vise le renforcement de la gouvernance à travers des institutions performantes, une meilleure redevabilité et une gestion plus transparente des infrastructures hydriques. La troisième concerne la préparation de projets techniquement solides et financièrement structurés afin de favoriser la mobilisation des investissements.

Le président congolais a également insisté sur la nécessité d’accroître le financement des infrastructures hydriques en mobilisant les ressources publiques, les investissements privés et les partenaires internationaux. Enfin, il a proposé de faire de l’eau un moteur de l’industrialisation du continent, en développant localement la production d’équipements destinés aux secteurs de l’eau, de l’assainissement et de l’irrigation.
Estimant qu’aucun État ne peut garantir seul sa sécurité hydrique, Félix Tshisekedi a appelé à la mise en place d’une gouvernance coopérative de l’eau à l’échelle du continent. Il a plaidé pour une coalition entre les États afin de faire de l’eau une priorité politique, tout en appelant à un engagement accru des institutions financières, du secteur privé, des collectivités, des communautés, des jeunes et des femmes pour accélérer les investissements et favoriser des solutions adaptées aux réalités locales.
Évoquant la République démocratique du Congo, le chef de l’État a présenté les objectifs fixés par le pays à l’horizon 2035. Il a annoncé la volonté des autorités de porter le taux d’accès à l’eau potable à 60 %, celui de l’accès aux services d’assainissement et d’hygiène à 50 %, ainsi que de garantir un accès adéquat aux infrastructures d’eau, d’hygiène et d’assainissement dans 80 % des écoles et des établissements de santé.

Ouvrant officiellement les travaux, le président tchadien, Mahamat Idriss Déby Itno, a appelé les participants à concentrer leurs échanges autour de trois priorités : le financement, la gouvernance et l’inclusion. Il a invité les pays africains à transformer les défis liés à l’eau en opportunités pour bâtir un avenir fondé sur la résilience et la prospérité partagée.
En marge du Forum, le chef de l’État tchadien a également annoncé que le Tchad supprimera, à compter du 1er janvier 2027, les visas d’entrée pour tous les ressortissants africains, dans le cadre du renforcement de l’intégration continentale et de la libre circulation des personnes et des biens.
Tenplar Ngwadi
