Une collision d’une rare violence impliquant deux trains à grande vitesse a fait, selon un bilan encore provisoire, au moins 39 morts et plusieurs dizaines de blessés dans le sud de l’Espagne.
Le ministre espagnol des Transports, Oscar Puente, a immédiatement réagi sur le réseau social X, qualifiant le choc de « terrible » et avertissant que le nombre de victimes pourrait s’alourdir à mesure que les secours progressent.
L’ampleur de la tragédie se dessine au fil des heures. Si les premières estimations faisaient état de 123 blessés, les services d’urgence d’Andalousie ont légèrement revu ce chiffre à la baisse, dénombrant 122 personnes hospitalisées dans les différents centres hospitaliers de la région.

En milieu de matinée, 48 passagers étaient toujours sous surveillance médicale, dont cinq mineurs. Parmi eux, douze blessés, onze adultes et un mineur se trouvent en soins intensifs. Interrogé par la chaîne locale Canal Sur Television, Juan Manuel Moreno, le président de la communauté autonome d’Andalousie, a toutefois partagé une note d’optimisme concernant ces cas critiques, affirmant que leur situation évoluait favorablement et que leur pronostic vital n’était plus engagé.
Cependant, l’inquiétude demeure. L’arrivée d’engins lourds sur le site de l’accident laisse craindre la découverte de nouveaux corps parmi les débris des wagons.
L’accident a provoqué une paralysie totale du trafic ferroviaire vers le sud du pays. Cet axe stratégique dessert des pôles économiques et urbains majeurs tels que Séville et Malaga, respectivement les quatrième et sixième aires urbaines d’Espagne.
Les dégâts matériels sont considérables : les voies ferrées ont été lourdement endommagées sur une portion d’environ 400 mètres. Selon les autorités, les travaux de remise en état prendront au minimum plusieurs jours. Face à l’urgence, la Renfe (la société nationale d’exploitation des chemins de fer) a annoncé travailler à la mise en place d’un « plan de transport alternatif exceptionnel » dès demain pour les voyageurs dont le déplacement est jugé essentiel.
Si une conférence de presse commune entre le Premier ministre et le ministre des Transports est attendue à 13h30, les causes exactes du drame restent pour l’heure inconnues. Oscar Puente a tenu à calmer les spéculations en rappelant que la CIAF (Commission d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile, également compétente pour les incidents ferroviaires majeurs) a été saisie.
« Nous ignorons, et personne ne connaît à ce jour, les causes de l’accident », a martelé le ministre, appelant à la « prudence » et à éviter « toute analyse hâtive fondée sur de simples conjectures ». Dans l’attente des conclusions techniques, l’Espagne retient son souffle alors que les opérations d’extraction se poursuivent sur les voies andalouses.
Tenplar Ngwadi
