Le directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a salué lundi 08 juin 2026, la stratégie mise en œuvre par l’Ouganda pour faire face à l’épidémie d’Ebola qui s’est propagée depuis la République démocratique du Congo (RDC).
Lors d’une visite officielle en Ouganda, le chef de l’OMS a estimé que la gestion de la maladie par les autorités ougandaises avait permis d’obtenir des résultats encourageants. Le pays a enregistré 19 cas confirmés, dont deux décès, liés à cette épidémie.
« Le taux de réussite dans la prise en charge d’Ebola en Ouganda a été bon », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, soulignant que « grâce à l’expérience acquise dans la gestion des urgences de santé publique, le taux de létalité est inférieur à 1 % ».
L’Ouganda demeure toutefois moins affecté que la RDC, où l’épidémie a été déclarée le 15 mai. Selon les données de l’OMS, 515 cas confirmés et 91 décès y ont été recensés à ce jour.
L’annulation de la Journée des Martyrs saluée
Le directeur général de l’OMS a également salué la décision du gouvernement ougandais d’annuler les célébrations de la Journée des Martyrs, prévues le 3 juin.
Cet événement religieux attire habituellement d’importantes foules venues de plusieurs pays de la région. Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, cette mesure a contribué à limiter les risques de propagation du virus.
« C’était une décision judicieuse, car Ebola se propage rapidement lors de tels rassemblements. Nous comptons actuellement 19 cas, et si la célébration de la Journée des Martyrs avait eu lieu, nous serions maintenant à trois chiffres », a-t-il affirmé.
Au cours de son séjour, le responsable onusien a rencontré le président ougandais Yoweri Museveni. Les discussions ont notamment porté sur la coopération transfrontalière dans la lutte contre l’épidémie.
Selon lui, les restrictions aux déplacements ne constituent pas la réponse la plus appropriée. « S’attaquer à l’épicentre est la solution », a-t-il insisté.
Parmi les 19 cas enregistrés en Ouganda, 14 concernent des personnes arrivées de la RDC et cinq sont des ressortissants ougandais. L’OMS a également signalé un cas probable supplémentaire ayant entraîné un décès.
Les Émirats arabes unis renforcent leurs mesures
Le 3 juin, Tedros Adhanom Ghebreyesus avait indiqué qu’un des cas confirmés concernait un ressortissant congolais qui s’était rendu aux Émirats arabes unis avant d’entrer en Ouganda.
À la suite de cette situation, les Émirats arabes unis ont annoncé, le 5 juin, un renforcement de leurs mesures de précaution pour les voyageurs en provenance de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud.
Les autorités émiraties ont interdit l’accès à leur territoire aux voyageurs provenant de ces trois pays, y compris ceux transitant par d’autres États, sauf s’ils ont séjourné plus de 21 jours hors des pays concernés avant leur arrivée. La délivrance de nouveaux visas aux ressortissants de ces pays a également été suspendue.
Une mobilisation internationale face à la souche Bundibugyo
Face à l’évolution de l’épidémie, l’OMS a déclenché une alerte sanitaire internationale. L’organisation estime que le risque pour la santé publique est très élevé en RDC, élevé au niveau régional et faible à l’échelle mondiale.
Aucun vaccin ni traitement homologué n’existe actuellement contre la souche Bundibugyo à l’origine de cette flambée épidémique.
Malgré ce contexte, Tedros Adhanom Ghebreyesus se veut confiant quant à l’issue de la riposte. « Grâce à une collaboration continue, je suis convaincu que cette épidémie pourra être maîtrisée », a-t-il déclaré.
Ebola, qui se transmet par contact rapproché et par les fluides corporels, a causé plus de 15 000 décès en Afrique au cours des cinquante dernières années.
Afin de renforcer la lutte contre l’épidémie, l’OMS et l’Agence sanitaire de l’Union africaine ont lancé vendredi un plan de réponse de 518 millions de dollars pour les six prochains mois. Celui-ci prévoit notamment le renforcement de la surveillance épidémiologique, des capacités de laboratoire et des mesures de prévention des infections.
L’épicentre de l’épidémie en RDC demeure situé dans la province de l’Ituri, où les opérations de riposte sont compliquées par l’insécurité persistante et les difficultés d’accès liées au mauvais état des infrastructures routières.
Tenplar Ngwadi
