C’est un nouveau drame humain qui vient endeuiller l’Est de la République démocratique du Congo. Le samedi 31 janvier 2026, le gouvernement congolais a exprimé sa « profonde consternation » après l’éboulement massif survenu trois jours plus tôt sur le site de Luwowo, à Rubaya.
Selon les rapports de terrain, au moins 200 civils, principalement des creuseurs artisanaux, ont été ensevelis alors qu’ils travaillaient dans des puits dépourvus de toute norme de sécurité.
Ce site n’en est pas à son premier carnage : en juin 2025, plus de 300 personnes y avaient déjà perdu la vie. Pour Kinshasa, ces tragédies à répétition sont la conséquence directe d’une « exploitation sauvage et illégale » orchestrée par le Rwanda et ses alliés de l’AFC/M23.
Le cri de colère de Martin Fayulu
Face à l’ampleur de la catastrophe, les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. Ce lundi 2 février 2026, l’opposant Martin Fayulu, président du parti Écidé et ancien candidat à la présidentielle, a pris la parole sur son compte Twitter pour pointer du doigt les causes structurelles de ce drame.
« Des Congolais meurent à cause du pillage du coltan et de l’occupation illégale », a-t-il martelé. Tout en présentant ses condoléances aux familles des victimes, il a appelé à une réponse diplomatique et judiciaire musclée : « Une enquête internationale s’impose. Rubaya doit être libérée. »
Une zone « rouge » sous emprise militaire
Pourtant, sur le papier, aucune activité d’extraction ne devrait avoir lieu dans ce périmètre. Le gouvernement rappelle que le site de Rubaya est classé sous statut « rouge » par arrêtés ministériels depuis février 2025, une mesure prorogée en novembre de la même année. Ce statut impose normalement une interdiction totale d’extraction et de commercialisation des minerais.
Toutefois, la réalité du terrain est celle d’une économie de guerre. Selon les autorités congolaises, le site fait l’objet d’un « système structuré de pillage ». Chaque mois, entre 112 et 125 tonnes de coltan seraient extraites dans ces conditions précaires pour être acheminées exclusivement vers le Rwanda, sans aucune traçabilité légale. Dans ce contexte, la sécurité des travailleurs artisanaux semble être le dernier des soucis des exploitants de fait, transformant les puits de Rubaya en véritables mouroirs à ciel ouvert.
Tenplar Ngwadi
