Le climat diplomatique entre le Rwanda, le Burundi et la RDC s’est une nouvelle fois tendu après des accusations mutuelles d’attaques transfrontalières.
Lundi 8 décembre 2025, le gouvernement burundais a affirmé que son territoire avait été visé par des bombardements attribués au Rwanda. Selon le ministre burundais des Affaires étrangères, des bombes auraient été larguées dans une localité frontalière, blessant un enfant et une femme. Ces déclarations ont été faites devant un groupe de diplomates, soulignant la gravité de la situation.
Le Burundi affirme également que ses troupes déployées en RDC dans le cadre d’un accord bilatéral avec Kinshasa auraient été attaquées dès le 2 décembre. Des drones auraient été utilisés, selon Bujumbura, aggravant l’escalade verbale entre les deux pays.
Kigali, de son côté, accuse la RDC et le Burundi d’avoir violé les Accords de Washington, signés le 4 décembre, qui prévoyaient un cessez-le-feu. Le Rwanda soutient que des bombardements ont touché des villages proches de sa frontière, provoquant le déplacement de civils.
Ces échanges d’accusations soulignent les tensions latentes dans une région déjà complexe, où les conflits armés en RDC ont souvent des répercussions régionales. Les gouvernements concernés affirment vouloir préserver leur sécurité intérieure.
Les observateurs internationaux appellent à la retenue, rappelant que la multiplication de telles accusations pourrait compromettre les efforts de stabilisation engagés dans la région des Grands Lacs. Les organisations diplomatiques régionales suivent la situation de près.
Les populations vivant dans les zones frontalières expriment une inquiétude croissante face à ces tensions, craignant des incidents qui pourraient affecter leur sécurité et leur mobilité. Certaines familles ont commencé à se déplacer par prudence.
Les gouvernements concernés n’ont pas encore annoncé de mécanisme conjoint d’enquête. L’absence d’un cadre clair pour éclaircir les événements contribue à maintenir la situation dans une zone d’incertitude.
Les organisations internationales encouragent les trois États à privilégier le dialogue pour éviter une détérioration supplémentaire de la situation. Pour l’instant, aucun agenda officiel de médiation n’a été rendu public.
La Gazette du Continent
