Le verdict est tombé ce jeudi 19 février 2026, à Séoul, scellant le destin de celui qui dirigeait encore le pays il y a moins d’un an. L’ex-président sud-coréen Yoon Suk-yeol a été condamné à la prison à perpétuité pour avoir tenté d’imposer la loi martiale à la fin de l’année 2024.
Une sentence historique qui fait de lui le troisième ancien chef d’État du pays condamné pour « insurrection ».
« Nous condamnons Yoon à la prison à vie pour avoir mené une insurrection », a déclaré le juge Ji Gwi-yeon, du tribunal central du district de Séoul, lors de la lecture du verdict. Si l’ancien dirigeant conservateur échappe à la peine de mort, qui avait été requise par le parquet, il rejoint dans les annales judiciaires les généraux Chun Doo-hwan et Roh Tae-woo, condamnés pour le coup d’État de 1979.
Ancien procureur de carrière, Yoon Suk-yeol était jugé depuis février 2025 aux côtés de sept autres hauts responsables. Parmi eux, son ex-ministre de la Défense, Kim Yong-hyun, a également été reconnu coupable ce jeudi. Le sort des autres co-accusés, dont l’ancien chef de la police, doit être fixé par le tribunal dans la matinée.
La chute de Yoon Suk-yeol avait atteint son paroxysme en janvier 2025, lorsqu’il était devenu le premier président sud-coréen en exercice à être arrêté et placé derrière les barreaux, avant d’être officiellement destitué en avril. Avant son arrestation, il s’était retranché pendant plusieurs semaines dans sa résidence de Séoul sous la protection de sa garde rapprochée, parvenant même à faire échouer un premier raid des autorités.
L’affaire tire son origine de la nuit du 3 décembre 2024, un épisode qui avait sidéré la Corée du Sud et la communauté internationale. Yoon Suk-yeol avait alors annoncé par surprise, lors d’une allocution télévisée, l’imposition de la loi martiale, envoyant immédiatement des troupes vers le Parlement pour en bloquer l’accès.
Le coup de force avait cependant tourné court : malgré le siège de l’hémicycle par les soldats, un nombre suffisant de députés était parvenu à se faufiler à l’intérieur pour voter la suspension du décret, forçant le président à faire marche arrière quelques heures plus tard. Ce jeudi, la justice a définitivement qualifié cet acte d’insurrection contre l’ordre constitutionnel.
Tenplar Ngwadi
