Le ton se durcit au sein de l’Assemblée nationale du Cameroun. Dans une correspondance officielle datée du 29 avril 2026, le directeur de cabinet du président de l’institution a adressé une mise en demeure ferme à trois collaborateurs, leur enjoignant de restituer des véhicules administratifs indûment conservés.
Les destinataires de cette injonction sont Alhadji Liman et Marga Yeguie Ibrahim, tous deux conseillers techniques, ainsi que Mana Zake Gabriel, chargé de missions. Selon le document, ces derniers disposent d’un délai strict de 48 heures pour remettre les véhicules appartenant à l’Assemblée nationale, faute de quoi des procédures disciplinaires seront engagées à leur encontre, en plus d’éventuelles poursuites judiciaires.
Dans le détail, les véhicules concernés sont un Toyota Prado immatriculé AN 056 AA, actuellement détenu par Marga Yeguie Ibrahim, un Toyota Hilux immatriculé AN 094 AA entre les mains de Mana Zake Gabriel, ainsi qu’un autre véhicule immatriculé AN 027 AA détenu par Alhadji Liman.
Le directeur de cabinet insiste sur le caractère impératif de cette instruction, qualifiée de « dernière et ultime demande », soulignant la volonté de l’administration parlementaire de faire respecter strictement les règles de gestion des biens publics.
Tensions autour de la gestion des biens publics à l’Assemblée nationale
Depuis plusieurs mois, la direction de cette institution cherche à renforcer la discipline interne et à rationaliser l’utilisation des biens de l’État, notamment les véhicules de service souvent mis à la disposition des collaborateurs.
Des pratiques tolérées qui sont devenues problématiques. Traditionnellement, certains cadres et collaborateurs conservent les véhicules administratifs même après un changement de fonction, une fin de mission ou une réaffectation. Une pratique longtemps tolérée, mais qui pose aujourd’hui un sérieux problème de traçabilité et de gestion du patrimoine public.
Cette affaire intervient également dans un climat où les institutions publiques camerounaises sont de plus en plus appelées à faire preuve de transparence et de rigueur dans la gestion des ressources de l’État. Les audits internes et les contrôles se multiplient, poussant les responsables administratifs à exiger la restitution des biens non justifiés.
Une volonté de mettre fin aux abus
La correspondance du directeur de cabinet traduit une volonté claire de mettre un terme aux abus présumés. En brandissant à la fois des sanctions disciplinaires et des poursuites pénales, l’administration envoie un signal fort : la gestion approximative ou personnelle des biens publics ne sera plus tolérée.
Ce type de rappel à l’ordre n’est pas isolé. Dans plusieurs administrations, des opérations similaires ont été lancées pour récupérer des véhicules et autres équipements détenus irrégulièrement par des agents publics ou anciens responsables.
Un test de crédibilité pour l’institution
Au-delà des personnes visées, cette affaire représente un test pour la crédibilité de l’Assemblée nationale. La suite donnée à cette mise en demeure permettra d’évaluer la capacité de l’institution à faire respecter ses propres règles et à sanctionner d’éventuels manquements.
La Gazette du Continent
