La nouvelle circulait sous forme de rumeur depuis plusieurs semaines, elle est désormais confirmée : le samedi 31 janvier 2026 marquera la fin de la liaison directe opérée par Air France entre Paris et Bangui.
À compter du 1er février, les voyageurs à destination de la Centrafrique devront composer avec des itinéraires à correspondances, mettant fin à l’unique liaison directe entre Bangui et l’Europe.
Déjà réduite à une seule rotation hebdomadaire incluant une escale à Yaoundé dans le sens retour, la desserte de la capitale centrafricaine par Air France change radicalement de modèle. La compagnie a confirmé que ses opérations se limiteront désormais à deux vols par semaine, les mardis et jeudis.
Ces liaisons seront opérées en partenariat avec Afrijet FlyGabon via Yaoundé. En clair, les passagers devront transiter par la capitale camerounaise avant de rejoindre Bangui. Si Air France ne justifie pas officiellement ce choix, des sources internes évoquent une ligne devenue déficitaire. Le faible nombre de passagers, des taxes locales jugées trop élevées, le prix des carburants et l’allongement du temps de vol — dû à l’interdiction de survol du Niger — auraient pesé dans la balance.
À Bangui, la nouvelle a suscité une vive indignation. Cette décision est perçue comme un recul majeur pour le désenclavement du pays et un affront diplomatique. Le mécontentement aurait atteint le sommet de l’État : le président Faustin-Archange Touadéra serait indigné par cette suppression. En conséquence, le gouvernement centrafricain a officiellement demandé des explications à l’ambassadeur de France.
L’affaire est également suivie de près à l’Élysée, l’État français demeurant le premier actionnaire d’Air France avec 28 % du capital. Ce divorce aérien intervient alors que les deux pays s’étaient engagés, à travers une feuille de route conclue en avril 2024, à normaliser leurs relations bilatérales.
Pour de nombreux observateurs, cette rupture de la ligne directe va « à contre-courant » de ce processus de rapprochement. Tandis que les diplomates tentent encore d’infléchir la position de la compagnie, l’arrêt de ce vol direct symbolise, pour l’heure, une nouvelle zone de turbulences entre Paris et Bangui.
Tenplar Ngwadi
