Une vive controverse secoue le secteur de la santé à Kinshasa après la diffusion d’une vidéo montrant une patiente maltraitée dans un établissement hospitalier. L’ONG « Sauvons la Corporation Médicale » (SCM-ONG) a annoncé, jeudi 26 mars 2026, avoir déposé une plainte formelle contre le médecin David Balanangayi pour violences physiques et manquement grave à la déontologie médicale.
Selon cette organisation, les faits se seraient produits à l’Hôpital Général de Référence de Kinkole. D’après les témoignages recueillis, le praticien aurait agressé une patiente en salle d’accouchement, alors que celle-ci nécessitait des soins post-partum. L’ONG évoque un comportement « contraire aux règles fondamentales de la profession médicale », notamment en matière de respect de la dignité humaine et d’interdiction de toute violence envers les patients.
Dans sa correspondance adressée au Conseil urbain de l’Ordre des médecins, la SCM-ONG souligne que « de tels agissements constituent une violation flagrante du Code de déontologie médicale », insistant sur le caractère particulièrement vulnérable de la patiente au moment des faits.
À ce stade, il s’agit d’allégations portées dans le cadre d’une plainte. En vertu du principe de présomption d’innocence, le médecin concerné doit être considéré comme innocent tant que les instances compétentes ne se sont pas prononcées sur sa responsabilité.

L’affaire a rapidement suscité des réactions au sein de l’opinion publique et des autorités. La Première dame, Denise Nyakeru Tshisekedi, a notamment plaidé pour que justice soit rendue dans ce dossier, condamnant les violences exercées contre une femme en situation d’accouchement.
De son côté, le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, n’a pas directement commenté cette affaire spécifique, mais les autorités sanitaires ont été appelées à faire toute la lumière sur ces faits.
Selon les procédures en vigueur en République démocratique du Congo, plusieurs types de sanctions peuvent être envisagés si les faits sont établis. Sur le plan disciplinaire, le Conseil de l’Ordre des médecins peut prononcer des mesures allant de l’avertissement à la radiation définitive. Des sanctions administratives, telles que la suspension ou le licenciement, peuvent également être prises par l’établissement hospitalier.
Par ailleurs, des poursuites pénales pourraient être engagées en cas de confirmation des violences, notamment pour coups et blessures volontaires ou traitements inhumains et dégradants. L’ouverture d’une enquête par les instances ordinales et judiciaires est désormais attendue afin d’établir les responsabilités dans cette affaire qui relance le débat sur le respect de l’éthique médicale en RDC.
Magloire Mutulwa
