Le président de l’intersyndicale du secteur du commerce, Jean Makayanga Kalukula, affirme que la grève déclenchée leb23 pars 2026 est largement suivie et respecte toutes les procédures légales. Il défend la légitimité du mouvement et appelle les travailleurs à maintenir la pression jusqu’à l’application effective du SMIG.
“La procédure a été entièrement respectée”
Selon Jean Makayanga, le mouvement de grève n’a rien d’improvisé.
« Un préavis légal a été déposé depuis un mois auprès des instances compétentes. Nous avons été reçus par le ministre du Travail et saisi l’Inspection du travail. S’il y avait des irrégularités, elles auraient été signalées avant », a-t-il expliqué. Il affirme que la mobilisation est massive, avec un taux de suivi estimé entre 80 % et 90 %.

Les employeurs doivent assumer les conséquences
Interrogé sur les pertes économiques engendrées par la grève, le syndicaliste rejette toute responsabilité en disant que « nous avons prévenu l’État et les employeurs. Ceux qui ne respectent pas la loi doivent en assumer les conséquences ». Il annonce par ailleurs une intensification du mouvement dès le lendemain, avec une mobilisation prévue devant le Parlement pour dénoncer le non-respect des engagements gouvernementaux.
Le SMIG au cœur des revendications
Au centre de la contestation : l’application du SMIG fixé à 21 500 FC. « Nous avons connu des SMIG de 1 dollar et de 3 dollars, et ils étaient appliqués. Aujourd’hui, nous ne reculerons pas tant que celui de 21.500 FC ne sera pas payé », a martelé le président de l’intersyndicale.
Déséquilibre entre travailleurs congolais et expatriés
Jean Makayanga dénonce également une forte disparité dans les entreprises commerciales par la présence majoritaire de travailleurs expatriés dans certains commerces, le non-respect des quotas d’emploi en faveur des Congolais et écarts salariaux importants entre expatriés et travailleurs locaux. « Dans certains cas, on trouve plus d’expatriés que de Congolais. Pourtant, la règle devrait être d’au moins 10 % d’expatriés pour 90 % de nationaux », a-t-il déploré.
Sous-traitance et précarité
Autre point critique : la situation des travailleurs sous-traités, qualifiés de « opprimés » par le syndicat.
« Les sous-traitants ne sont pas payés au même niveau que les employés directs. C’est une situation inacceptable qui n’existe nulle part ailleurs », a-t-il dénoncé. Il exige également le versement régulier des cotisations sociales à la CNSS afin de garantir la sécurité des travailleurs à long terme.
Dialogue oui, mais dans un cadre formel
Le président de l’intersyndicale se dit ouvert aux négociations, mais uniquement dans un cadre institutionnel. « Nous ne pouvons pas organiser de réunions informelles. Il existe des structures comme le gouvernement et la Fédération des entreprises du Congo (FEC). Nous sommes prêts à dialoguer pour préserver la paix sociale ».
En conclusion, Jean Makayanga appelle à la mobilisation générale. « Les droits se gagnent. Les travailleurs doivent rester dehors jusqu’au paiement intégral du SMIG, y compris pour ceux de la sous-traitance ».
Zacharie Mikunga
