Après le volet protocolaire du 18 mars 2026, place, ce 19 mars, au contenu technique et journalistique, avec un accent particulier sur l’intelligence artificielle. « Nous sommes face à une évolution technologique majeure qui s’impose à tous », a déclaré le directeur général de l’Agence congolaise de presse (ACP), Bienvenu-Marie Bakumanya, devant les participants.
Selon lui, cette transformation impose une adaptation rapide. Le retard observé dans certains milieux médiatiques s’explique notamment par une incapacité à anticiper les mutations en cours. « Nous avons trop souvent pensé que les choses continueraient comme avant, alors que le monde a profondément changé », a-t-il reconnu.
Illustrant ses propos, le directeur général de l’ACP a souligné que certaines structures ont déjà modernisé leurs flux d’information, tandis que d’autres restent encore en phase d’expérimentation. Pendant ce temps, l’intelligence artificielle progresse sans attendre. « Elle ne fait pas de cadeaux : ceux qui ne s’adaptent pas risquent de disparaître ».
L’urgence de s’adapter à la révolution technologique
Face à ce constat, le choix est clair : s’adapter ou disparaître. Pour le directeur général de l’ACP, il est impératif de moderniser les médias afin d’assurer la survie et la compétitivité de la presse congolaise dans un environnement en mutation rapide.
De l’ère du télétexte à celle des flux d’information en temps réel et de l’intelligence artificielle, la mutation est profonde. Elle suscite à la fois espoirs et inquiétudes. Certains redoutent une substitution des journalistes par des machines, capables de produire dépêches et articles. D’autres y voient un outil d’appui, tandis que certains alertent sur les risques de manipulation.
D’où la nécessité d’un éclairage approfondi. Les participants attendent notamment de l’expert invité des explications claires sur les opportunités, les limites et les risques de l’intelligence artificielle, afin d’en faire un levier plutôt qu’une menace.
L’objectif est précis : permettre à chacun de comprendre l’essentiel de cette technologie. « Si, à l’issue de cette journée, nous en saisissons la quintessence, alors nous aurons atteint notre objectif », a indiqué Bienvenu-Marie Bakumanya, insistant sur l’importance des enjeux actuels pour l’avenir du métier.
Car, au-delà du cérémonial de la veille, cette journée est consacrée au fond : l’avenir de la profession journalistique.
Une coopération RDC–Chine en pleine consolidation
Par ailleurs, cette dynamique s’inscrit dans une coopération plus large entre la RDC et la Chine. Une relation ancienne, enracinée depuis l’époque des présidents Mobutu et Mao, et qui s’est progressivement modernisée. Depuis la visite officielle du Chef de l’État congolais en Chine en mai 2023, un nouveau cap a été franchi. Dans ce contexte, l’ACP et son homologue chinoise ont signé un protocole d’accord, traduisant une volonté commune de structurer leur partenariat.
Ainsi, les deux parties entendent dépasser le cadre symbolique pour s’engager dans des actions concrètes. Le forum, placé sous le thème « Modernisation à la chinoise et voie de développement de la RDC : exploration des trajectoires gagnant-gagnant », illustre cette ambition. Il appelle les professionnels des médias à repenser leur rôle dans un environnement en pleine transformation, où l’information devient un levier stratégique de développement.
Zacharie Mikunga
