7 mars 2021 – 7 mars 2026, cinq ans jour pour jour après l’annonce du chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, qui disait avoir trouvé la clé pour résoudre les problèmes halieutiques en République démocratique du Congo.
À l’issue d’une rencontre inédite avec des pêcheurs à Kinkole, dans la commune de la N’sele à Kinshasa, le garant de la Nation avait décidé de mettre en place une structure publique chargée de booster la production et la commercialisation des produits halieutiques.
C’est ainsi qu’est né l’Office national de pêche et d’aquaculture (ONPA), dirigé depuis sa création par son directeur général, Epicure Bohi. Dans cette dynamique, le gouvernement avait également procédé à l’acquisition de plusieurs bateaux de pêche.
Mais cinq ans plus tard, une question demeure : qu’est-ce qui bloque encore l’opérationnalisation effective de l’ONPA ?
La pêche, un levier pour lutter contre l’insécurité alimentaire
Le chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi, considère le secteur de la pêche comme un élément clé pour résoudre les problèmes alimentaires en République Démocratique du Congo. Cette déclaration remonte au 21 mai 2021, à l’issue d’une séance de travail avec des pêcheurs consacrée à l’évaluation du secteur halieutique dans le pays.
Au cours de cette rencontre, les professionnels du secteur avaient expliqué que les rivières, lacs et fleuves de la RDC sont riches en ressources halieutiques mais restent largement sous-exploités en raison de la prédominance de la pêche artisanale.
Passer de la pêche artisanale à la pêche industrielle
À l’issue des échanges, le chef de l’État avait estimé qu’il était nécessaire d’opérer une transition vers la pêche industrielle afin d’augmenter la production nationale de poissons. L’objectif est de couvrir les besoins alimentaires de la population tout en contribuant à la lutte contre le chômage.
C’est dans cette perspective qu’a été créé l’Office national de pêche et d’aquaculture (ONPA), un établissement public chargé de soutenir le développement du secteur.
Des défis avant l’opérationnalisation
Selon les responsables du secteur, l’office n’est toutefois pas encore totalement opérationnel. Plusieurs besoins administratifs, matériels et financiers restent à satisfaire.
L’ONPA ne dispose notamment pas encore de bureaux fonctionnels ni de crédits de fonctionnement. Les autorités examinent actuellement les mécanismes permettant d’assurer son financement et le paiement du personnel appelé à y travailler.
Une mise en œuvre progressive attendue
D’après les indications fournies par la hiérarchie, les démarches sont en cours pour répondre progressivement aux besoins de l’institution. Les autorités espèrent ainsi permettre à l’ONPA de commencer à fonctionner dès le deuxième trimestre de l’année 2026.
À terme, l’établissement devra fonctionner comme une entreprise publique capable de produire, transformer et commercialiser les produits halieutiques.
Un double objectif : nourrir la population et générer des recettes
L’ambition du projet est double : améliorer l’alimentation des Congolais grâce à une plus grande disponibilité de poissons et contribuer aux recettes publiques à travers les activités économiques générées par la filière.
Zacharie Mikunga
