La République démocratique du Congo est en deuil. Le ministère des Mines a confirmé, par un communiqué officiel ce mercredi 4 mars, l’ampleur du drame qui s’est joué la veille sur les sites miniers de Rubaya, dans le territoire de Masisi.
Un glissement de terrain d’une « extrême gravité », provoqué par des pluies diluviennes exceptionnelles, a enseveli de nombreux exploitants artisanaux.
Les chiffres communiqués par le cabinet du ministre des Mines témoignent de l’ampleur de la catastrophe. Le bilan provisoire fait état de plus de 200 compatriotes ayant perdu la vie. Parmi les victimes, la présence de près de 70 enfants mineurs accentue la tragédie. De nombreux blessés ont pu être évacués vers les structures sanitaires de Goma, mais les opérations de secours sont rendues « particulièrement complexes » par la boue et, surtout, par le contexte sécuritaire.
Le site est en effet actuellement sous l’occupation de la rébellion AFC/M23. Pour Kinshasa, cette situation est la cause directe du manque de sécurité sur place. Le gouvernement dénonce l’absence forcée du Service d’Assistance et d’Encadrement des Mines Artisanales et à Petite Échelle (SAEMAPE), empêchant tout encadrement technique élémentaire des creuseurs civils.
Rubaya, une « Zone rouge » interdite d’exploitation
Le ministère a tenu à rappeler que ce risque avait été anticipé. Depuis février 2025, le site de Rubaya a été officiellement reclassé en « zone rouge ». Ce statut, conforme aux normes de l’OCDE et de la CIRGL pour les chaînes d’approvisionnement responsables, interdit formellement toute extraction et commercialisation de minerais.
En maintenant ce classement, les autorités congolaises avaient alerté la communauté internationale que les minerais issus de Rubaya étaient « entachés de violations des droits humains, de travail forcé et de présence de groupes armés ». Le drame de ce mardi vient tristement confirmer la dangerosité de l’exploitation illégale dans ces zones hors du contrôle de l’État.
Face à l’urgence, le ministère des Mines assure suivre l’évolution des secours via sa division délocalisée à Beni et s’associe aux appels des partenaires humanitaires pour une protection renforcée des mineurs.
Au-delà de la réponse immédiate, Kinshasa souligne que cette tragédie rappelle « l’urgence absolue du rétablissement de l’intégrité territoriale ». Pour le gouvernement, seule la restauration de l’autorité de l’État permettra de mettre fin à l’exploitation dangereuse des ressources nationales. Tout en présentant ses condoléances aux familles, le ministère s’est engagé à fournir des mises à jour régulières sur l’identification des victimes.
Tenplar Ngwadi
