La tragédie a de nouveau frappé les carrières de l’Est de la République démocratique du Congo. Au moins six personnes ont été tuées le mardi 3 mars 2026, lors de l’effondrement d’un puits dans la mine de Rubaya, située à environ 70 kilomètres à l’ouest de Goma, la capitale provinciale du Nord-Kivu.
Selon des témoignages recueillis par nos confrères de l’AFP, l’accident s’est produit dans la zone dite de la « carrière de Gasasa ». Le bilan provisoire fait état de six victimes : trois femmes et trois hommes. « Des gens sont morts et d’autres ont été grièvement blessés », a rapporté Daniel, un témoin oculaire joint par téléphone, précisant avoir vu deux corps sur des civières après l’ordre d’évacuation donné par les autorités sur place.
Ce drame illustre une nouvelle fois la dangerosité du travail des milliers de mineurs artisanaux qui exploitent ces gisements. Équipés de simples pelles et de bottes en caoutchouc, ces travailleurs évoluent dans des fosses aux parois instables. Il s’agit du deuxième accident mortel en quelques semaines à Rubaya, après un glissement de terrain massif fin février où le gouvernement craint la disparition de plus de 200 personnes.
Le site de Rubaya n’est pas une mine ordinaire : il représente entre 15 et 30 % de la production mondiale de coltan, un minerai essentiel à l’industrie électronique. Depuis avril 2024, cet immense complexe minier est tombé sous le contrôle des rebelles du M23, un mouvement soutenu par le Rwanda.
Pour la rébellion, Rubaya est une source de revenus vitale. En imposant une taxe de 7 dollars par kilogramme sur la production et la vente de coltan, le M23 tirerait environ 800 000 dollars par mois de l’exploitation de cette mine.
Cette catastrophe survient dans un climat de forte tension militaire. Depuis sa résurgence en 2021, le M23 s’est emparé de vastes pans de territoire dans l’Est de la RDC, une région dévastée par trente ans de conflit et riche en ressources naturelles.
Les affrontements se sont intensifiés dans le secteur de Rubaya ces derniers jours. Le 24 février dernier, une frappe de drone a notamment coûté la vie au porte-parole militaire du M23, Willy Ngoma, marquant une escalade supplémentaire dans la lutte pour le contrôle de cette zone hautement stratégique.
Tenplar Ngwadi
