L’ambassadeur du Japon en République démocratique du Congo, Hidetoshi Ogawa, s’est récemment rendu à Lubumbashi, chef-lieu de la province du Haut-Katanga. À l’issue de son déplacement, il a partagé son expérience sur sa compte X sur les mauvaises pratiques auxquelles sont confrontés de nombreux voyageurs dans certains aéroports du pays.
Samedi 28 février 2027 à l’Aéroport international de Lubumbashi. Utiliser le terminal VIP commercial, accessible moyennant 100 dollars américains, reste une option confortable : formalités simplifiées, assistance personnalisée et transfert en véhicule jusqu’à l’avion.
En revanche, pour les passagers empruntant le terminal ordinaire, l’expérience est toute autre. Multiplication de contrôles de bagages, de passeports, de billets et d’autres documents dans une foule compacte ; répétition des vérifications sans réelle coordination ; lenteur administrative… Le parcours s’apparente parfois à un véritable chemin de croix.
À cela s’ajoutent des pratiques décriées :
demandes d’argent murmurées, présentées comme des « frais pour accélérer la procédure », dont la nature officielle reste floue ; pressions informelles sur certains passagers, assimilables à des tentatives d’extorsion ; interprétations abusives de documents sanitaires, notamment autour de la fameuse « date d’expiration » de la carte jaune (certificat international de vaccination), alors que celle-ci est reconnue valable indéfiniment conformément aux règlements sanitaires internationaux, y compris en RDC ; surabondance d’agents de contrôle, parfois sans coordination visible, donnant l’impression d’un système plus orienté vers la multiplication des filtres que vers l’efficacité ; manque de signalisation claire et d’information officielle, laissant place à l’arbitraire.

À cet égard, la ville de Lubumbashi semble particulièrement exposée à ces pratiques comparativement à d’autres plateformes du pays, y compris l’Aéroport international de N’djili à Kinshasa, où les formalités se sont révélées plus fluides lors du retour. Ces dysfonctionnements ternissent l’image de la province et du pays aux yeux des visiteurs, hommes d’affaires et partenaires internationaux. Une rationalisation des procédures, une meilleure coordination des services (police des frontières, hygiène, migration, sûreté) et une clarification des frais officiels contribueraient à restaurer la confiance.
Il convient toutefois de souligner que l’expérience à bord des compagnies congolaises, notamment CAA et Air Fast Congo, a été jugée satisfaisante tant au niveau des appareils que du professionnalisme du personnel.
Rentré à Kinshasa dans l’emprise des embouteillages
De retour à Kinshasa, la satisfaction d’un passage aéroportuaire relativement fluide a vite laissé place à une autre réalité : les embouteillages monstres sur l’axe reliant l’aéroport au centre-ville. Trois kilomètres parcourus en près de trois heures, quatre heures et demie au total pour rejoindre le centre. En cause notamment, des bus et taxis publics stationnés en désordre aux abords des carrefours et marchés, occupant parfois quatre à cinq bandes de circulation.
Là encore, des solutions existent : régulation stricte du stationnement anarchique, aménagement de parkings adaptés, contrôle effectif des arrêts sauvages. En attendant ces réformes, le voyageur s’adapte. Coincé dans le trafic, il ne lui reste parfois qu’à transformer l’immobilité en temps productif — comme ce fut le cas pour finaliser les brouillons d’articles d’une mission désormais achevée.
La Gazette du Continent
