La Première ministre Judith Suminwa Tuluka est attendue le lundi 2 mars 2026 dans la ville de Kalemie, chef-lieu de la province du Tanganyika, pour procéder au lancement officiel du programme des cantines scolaires.
Cet événement intervient dans le cadre de la Journée africaine de l’alimentation scolaire, célébrée chaque 1er mars à l’initiative des Nations Unies.
Un levier contre la faim et la déscolarisation
Mis en œuvre par le Gouvernement à travers le ministère de l’Éducation nationale, le programme bénéficie de l’appui de plusieurs partenaires, mdont le Programme alimentaire mondial (PAM). L’objectif est clair : offrir un repas quotidien aux élèves afin de lutter contre la faim en milieu scolaire, améliorer l’assiduité et réduire l’abandon des études.

La Stratégie nationale d’alimentation scolaire inscrit cette initiative dans une politique publique progressive. En plus des ressources propres mobilisées par l’État, le programme bénéficie notamment du soutien de l’Agence française de développement (AFD), dont l’appui s’élève actuellement à 4 millions d’euros.
Selon Nafiou Issiaka, chargé des cantines scolaires au PAM, 43 écoles de Kalemie sont déjà couvertes par cette intervention, qui vise à améliorer la fréquentation, la rétention et les performances scolaires, tout en renforçant l’état nutritionnel des enfants et en soutenant les familles.
Une priorité sociale inscrite dans le PAG
Cette initiative s’inscrit dans le pilier 4 du Programme d’actions du Gouvernement (PAG), consacré à l’accès aux besoins sociaux de base, notamment l’éducation. Elle vient compléter des réformes majeures telles que la gratuité de l’enseignement primaire, l’amélioration des conditions d’apprentissage et la valorisation du travail des enseignants.
L’alimentation scolaire est ainsi considérée comme un outil stratégique pour promouvoir l’égalité des chances et garantir aux élèves un développement harmonieux, tant sur le plan physique qu’intellectuel.
Un déploiement progressif à l’échelle nationale
Le Gouvernement ambitionne d’étendre progressivement le programme à l’ensemble du territoire national. La présence de la Première ministre à Kalemie traduit une volonté politique forte de mobiliser davantage de ressources, de renforcer les capacités locales et d’assurer une coordination efficace entre les ministères concernés.
Le choix de la province du Tanganyika repose sur des critères stratégiques : vulnérabilité nutritionnelle élevée, insécurité alimentaire persistante, fragilité socio-économique et déplacements de populations.
À Kifungu, un modèle déjà opérationnel
À l’école primaire Kifungu, qui accueille près de 250 élèves, la cantine scolaire est déjà fonctionnelle. Chaque jour, un repas nutritif et équilibré est servi aux enfants pendant la récréation.
Le programme privilégie l’approvisionnement local à travers les potagers et champs scolaires. Les agriculteurs et coopératives locales sont identifiés et contractualisés, contribuant ainsi à dynamiser l’économie communautaire et à renforcer les circuits courts.
Une mobilisation gouvernementale élargie
Plusieurs membres du Gouvernement sont également attendus à Kalemie, notamment les ministres en charge de l’Éducation nationale, de l’Agriculture, du Plan et de la Santé publique, témoignant de la dimension multisectorielle de ce projet structurant.
La Gazette du Continent
