L’incivisme sur la voie publique tend à se banaliser dans la ville de Kinshasa. Des véhicules appartenant à des membres du gouvernement, à l’armée, à la police, aux ministères, aux régies financières, à des privés, ou encore transportant des militaires ou des policiers à leur bord, enfreignent régulièrement le Code de la route, notamment en empruntant le sens inverse, mettant ainsi en danger la vie des autres usagers. Cette situation persiste malgré les sanctions annoncées par les autorités.
Dans un communiqué, la Présidence de la République indique qu’à la suite de nombreuses plaintes d’usagers et d’enquêtes menées par ses services compétents, il a été constaté avec une extrême gravité une recrudescence de comportements inciviques et illégaux impliquant plusieurs chauffeurs de véhicules de fonction immatriculés « Présidence (PR) ».
Parmi les faits reprochés figurent notamment : le non-respect du Code de la route et des feux de signalisation ; la circulation en double file et en sens interdit ; les intimidations à l’encontre d’autres usagers et des agents de l’ordre ; l’installation illégale de gyrophares et d’autres dispositifs assimilés ; le bâchage ou la dissimulation des plaques d’immatriculation ; ainsi que toute forme de trafic d’influence, d’abus d’autorité ou d’invocation abusive du nom de la Présidence.
Il est rappelé avec fermeté que lors de l’acquisition de chaque véhicule de fonction « PR », une Charte de bonne conduite est dûment signée par les bénéficiaires. Cette charte engage formellement chaque requérant et chaque chauffeur à une utilisation responsable, disciplinée et exemplaire de ces véhicules, compte tenu du rang et de la confiance accordés par ordonnance présidentielle ou par décision du Directeur de cabinet.
Ces comportements, jugés inadmissibles, constituent une violation grave des engagements pris et portent atteinte à l’image, à la crédibilité et à l’autorité morale de la première institution du pays, la Présidence de la République, ainsi qu’à l’action de son premier animateur, le Président de la République.
En conséquence, tout contrevenant s’expose, sans avertissement préalable, à un blâme officiel émanant de la haute hiérarchie et, en cas de récidive, à la confiscation immédiate du véhicule de fonction jusqu’à nouvel ordre, sans préjudice d’éventuelles poursuites administratives ou disciplinaires.
« Aucune tolérance, aucune intervention et aucun passe-droit ne seront admis », conclut le Bureau de l’assistant logistique de la Présidence de la République.
Il convient de rappeler qu’à l’époque, l’ancien directeur de cabinet du Chef de l’État, Guylain Nyembo, avait déjà pris une circulaire similaire visant à encadrer strictement l’usage des véhicules de fonction et à sanctionner les comportements déviants sur la voie publique.
Cependant, cette mesure n’avait pratiquement jamais été respectée sur le terrain, les pratiques dénoncées ayant perduré malgré les rappels à l’ordre.
Reste désormais à savoir si les nouvelles dispositions annoncées par la Présidence de la République seront effectivement appliquées avec rigueur et constance. Wait and see.
Zacharie Mikunga
