La carte de presse du journaliste congolais est désormais disponible entre les mains des professionnels des médias à partir de ce 19 février 2026. Cette reprise effective marque la fin d’une suspension qui durait depuis janvier 2023, une période durant laquelle le processus d’octroi avait été interrompu pour des réformes structurelles du secteur.
La première cérémonie officielle de délivrance s’est tenue à Kinshasa, à l’Hôtel Béatrice, en présence de plusieurs autorités politico-administratives, des responsables d’organisations professionnelles des médias ainsi que des partenaires du secteur de la communication. Cette activité symbolique consacre la relance concrète du processus sur toute l’étendue du territoire national.
Selon les organisateurs, la nouvelle carte de presse répond aux normes de sécurité modernes. Elle intègre des éléments d’identification renforcés afin de limiter les cas de falsification ou d’usurpation d’identité professionnelle. En complément, un coupe-fil sécurisé pour véhicule est également délivré aux bénéficiaires pour faciliter la mobilité professionnelle sur le terrain.
Pour rappel, l’annonce de la relance avait été faite le vendredi 26 décembre 2025. L’Union nationale de la presse du Congo (UNPC) avait officiellement présenté à Kinshasa le nouveau formulaire de demande, désormais conforme aux dispositions légales issues de la loi dite « Muyaya », encadrant le fonctionnement et la régulation du secteur médiatique en RDC.
La nouvelle carte de presse est valable pour une durée de deux ans. Le coût global du processus est fixé à 100 dollars américains, incluant la carte elle-même ainsi que les cotisations professionnelles obligatoires. Le formulaire de demande, quant à lui, est vendu à 5 dollars et reste disponible dans toutes les sections provinciales de l’UNPC.

Cette relance intervient près de trois ans après la suspension officielle décidée le 3 janvier 2022 sur recommandation du Comité scientifique des États généraux de la Communication et des Médias. Cette décision visait notamment à assainir le secteur, à mettre fin à la confusion des rôles et à restaurer la crédibilité de la profession journalistique.
S’exprimant lors du lancement du processus, le président de l’UNPC, Kamanda wa Kamanda Muzembe, avait salué l’accompagnement du Ministère de la Communication et Médias. Il avait également remercié les partenaires techniques et financiers, dont Internews et l’UNESCO, pour leur appui dans la professionnalisation des médias et la promotion de la liberté d’expression en RDC.
Dans son allocution, il avait insisté sur la portée symbolique et professionnelle de la carte de presse : « La carte de presse n’est ni un privilège ni un acquis automatique. Elle est un acte de reconnaissance de l’État et de la profession, mais aussi un engagement à servir la vérité et à informer avec responsabilité ».
Les autorités professionnelles estiment que cette réforme permettra de renforcer la discipline, l’éthique et le respect des lois dans l’exercice du journalisme. Elle vise également à lutter contre l’improvisation et l’usurpation du titre de journaliste, souvent décriées dans l’espace médiatique national. À travers cette relance, l’UNPC affirme sa volonté de bâtir une presse congolaise plus crédible, structurée et respectée, capable d’accompagner les transformations démocratiques du pays et de contribuer à la cohésion sociale ainsi qu’à la consolidation de l’État de droit.
Magloire Mutulwa
