La tension est montée d’un cran dans la commune de Limete. L’opération de démolition des habitations de Pakadjuma, un bidonville longeant la voie ferrée, s’est transformée en un terrain d’affrontements violents. Opposés à la destruction de leurs logis, les habitants ont érigé des barricades et incendié des pneus sur l’avenue des Poids Lourds, paralysant le trafic.
Le ministre provincial de l’Intérieur et de la Sécurité de Kinshasa, Jeannot Canon Larose, qui s’est rendu sur place, a confirmé l’issue tragique des heurts. « Côté bilan, nous avons trois pertes en vies humaines, trois corps que j’ai personnellement placés ce matin à la morgue de l’hôpital de référence, Ex-Mama Yemo », a-t-il déclaré. Si les autorités affirment qu’un calme relatif est revenu dans la zone, l’atmosphère demeure électrique.
Transport et sécurité : les impératifs de l’Hôtel de Ville
Présent sur les lieux, le gouverneur de Kinshasa, Daniel Bumba Lubaki, a défendu le bien-fondé de cette intervention, jugée « nécessaire pour la viabilité » de la capitale. Pour l’exécutif provincial, le site de Pakadjuma représentait un double obstacle majeur :
- Le transport ferroviaire : L’occupation illégale des abords des rails empêchait la réhabilitation et le fonctionnement du train urbain, une infrastructure jugée vitale pour désengorger la mobilité des Kinois.
- La sécurité publique : Le quartier était identifié comme un sanctuaire pour des réseaux de délinquants opérant sur l’avenue des Poids Lourds.
Quel avenir pour les déplacés ?
Face à l’ampleur du drame, la question de la prise en charge des familles déguerpies cristallise les tensions. Le gouverneur a rappelé que des mises en demeure avaient été émises il y a six mois. En collaboration avec l’Office National des Transports (ONATRA), des sites de réinstallation ont été identifiés. Plus surprenant, un bateau a été mis à la disposition des résidents souhaitant retourner dans la province de l’Équateur.
Pour l’heure, le défi majeur reste d’assurer une transition digne pour ces milliers de personnes afin d’éviter l’émergence de nouveaux bidonvilles en périphérie. Pour prévenir toute réoccupation, la police interne de l’ONATRA a été déployée pour quadriller le périmètre. L’objectif affiché par le gouvernement provincial est clair : assainir définitivement cette partie stratégique de la ville et « remettre de l’ordre » dans la capitale.
Tenplar Ngwadi
