L’Université de Goma (UNIGOM) a présenté, samedi 17 janvier 2026, la technique HyFoSy (Hystérosalpingo-Foam-Sonographie), une méthode moderne et peu invasive destinée au diagnostic de l’infertilité féminine. Cette présentation s’est faite à l’occasion d’une conférence scientifique organisée en prélude à la campagne spéciale de prise en charge de l’infertilité et de la stérilité du couple, prévue du 19 au 22 janvier 2026 à Goma.
La conférence, animée par le Dr Sefu Masamba Polydor, gynécologue-obstétricien et spécialiste en fertilité basé aux États-Unis, a réuni des étudiants en médecine, des professionnels de santé, des enseignants universitaires ainsi que des autorités sanitaires. Elle visait à renforcer les connaissances médicales tout en sensibilisant sur les enjeux sociaux et humains liés à l’infertilité, un sujet encore largement tabou dans plusieurs communautés congolaises.
Prenant la parole au nom de l’UNIGOM, Salem Mukoko a rappelé que l’infertilité dépasse le cadre strictement médical. Selon lui, elle affecte profondément la dignité humaine, l’équilibre psychologique des couples et la cohésion familiale. Il a souligné l’engagement de l’Université de Goma à promouvoir la recherche scientifique et la sensibilisation afin de lutter contre la stigmatisation et les préjugés entourant la stérilité du couple.
Partenaire de l’initiative, la Clinique Notre Vie (CLINOVIE) a mis en évidence les difficultés rencontrées dans la prise en charge de l’infertilité au Nord-Kivu, notamment le manque d’équipements médicaux modernes. Sa directrice générale, Madame Masika Zita, a indiqué que l’introduction de la technique HyFoSy constitue une avancée importante, en offrant aux patientes un diagnostic plus sûr, plus rapide et plus accessible, tout en facilitant le travail des praticiens.
De son côté, le Dr Sefu Masamba Polydor a expliqué que la technique HyFoSy permet de vérifier la perméabilité des trompes de Fallope à l’aide d’une mousse spéciale associée aux ultrasons. Contrairement aux méthodes traditionnelles, cette technique est moins douloureuse et non invasive. « Elle aide les médecins à poser un diagnostic précis et à orienter efficacement la prise en charge des patientes », a-t-il précisé.
Un représentant de la Division provinciale de la Santé a salué la tenue de cette conférence, estimant qu’elle intervient à un moment opportun, alors que l’infertilité constitue un défi de santé publique en République démocratique du Congo, particulièrement dans la province du Nord-Kivu.
Organisée par la Clinique Notre Vie, en collaboration avec le Conseil provincial de l’Ordre des Médecins du Nord-Kivu (COPROM/NK) et l’Université de Goma, cette activité s’inscrit dans une dynamique de promotion de la santé reproductive, de l’innovation médicale et de l’amélioration de l’accès aux soins spécialisés au profit de la population.
Magloire MUTULWA
