L’incarcération du général Christian Ndaywel doit nous inviter à une réflexion de fond. Comme beaucoup d’autres, j’ai été de son fait sauvagement et illégalement enlevé à l’aéroport de Ndjili, puis injustement détenu sur la base de mensonges.
De ce douloureux épisode, je garde des séquelles qui m’imposent de suivre un traitement médical lourd et strict. C’est ce qu’a écrit le 11 janvier 2025 le sénateur Salomon SK Della, proche de l’opposant Moïse Katumbi sur son compte X.
Mais au moins suis-je là, grâce à Dieu, pour en témoigner. Ma chère mère, elle, comme d’autres, n’a pas eu cette chance. A plus de 80 ans, elle a subi une perquisition inhumaine et très traumatisante. On lui arracha jusqu’aux cassettes du Coran et de prédication qu’elle écoutait chaque jour sur son transistor – le seul bien auquel elle était réellement attachée. De cette terrible épreuve, elle ne s’est jamais remise. Quelques mois plus tard, nous pleurions sa disparition. Ses cassettes demeurent à ce jour confisquées.
Un État ne se protège pas en confondant rumeurs et renseignements, mensonges et vérités, ni en s’en prenant aux honnêtes citoyens plutôt qu’aux véritables ennemis de la République. Sans services de renseignement républicains, professionnels et légalistes, aucun pays ne peut véritablement et durablement se défendre.
Puisse cette affaire, comme beaucoup d’autres, servir de leçon et nous inciter à bâtir en #RDC un Renseignement professionnel et efficace, respectueux des intérêts de l’Etat comme des droits des citoyens.
Une chose demeure certaine : la justice divine finit toujours par triompher du mal
Jean-Jacques Wondo, ancien conseiller principal de l’Administrateur général de l’Agence nationale des renseignements (ANR) avait été impliqué dans affaire de « coup d’Etat » menée par Christian Malanga fait un témoignage de ce qu’il avait vécu lors de son arrestation à Kinshasa. Il avait été condamné puis libéré sous la pression de la Belgique.
Lorsque vous avez été arrêté, j’avais personnellement appelé Christian Ndaywel pour lui demander de ne pas se mêler de la politique et de faire le nécessaire afin que vous bénéficiiez d’un traitement correct.
Une requête qu’il refusera pourtant de m’accorder une année plus tard, lorsque je serai à mon tour enlevé, pris en otage et placé dans la même cellule que celle que vous occupiez à la DEMIAP.
Je dormais alors à même le sol, sur le béton, vêtu seulement d’un boxer et d’un maillot de corps sans manches, privé de mes médicaments, dans une cellule dépourvue de tout. Une cellule que l’on venait de nettoyer à la hâte et dans laquelle je pouvais encore apercevoir des traces de sang frais sur le pavé en béton.
Les détails de ce calvaire seront rendus publics en temps voulu.
Je l’avais pourtant averti, comme en prémonition : « on ne sait pas de quoi sera fait le lendemain »… « évitons les erreurs du passé »… Un « conseil fraternel et amical » qu’il a refusé d’écouter, croyant devenir un intouchable, au point d’être surnommé « Kaké », la foudre.
Pour la petite histoire, je connais Ndaywel depuis les années 1990, à l’époque où nous étions en Belgique. Il s’intéressait déjà à moi pour acquérir quelques notions sur l’armée, alors qu’il était encore civil.
L’histoire, elle, n’oublie rien. Que cela serve de leçon à d’autres « apprentis intouchables »…
La Gazette du Continent
