Après plusieurs mois de discrétion, l’ancien président gabonais Ali Bongo Ondimba est sorti du silence à travers une déclaration rendue publique le 3 juin 2026. Le message a été précédé d’un texte de soutien de son épouse, qui affirme que son mari reprend aujourd’hui « sa voix », après avoir été, selon elle, victime de tentatives visant à l’effacer de la vie publique et à réécrire son histoire.
L’ex-première Dame présente cette intervention comme celle d’un homme déterminé à défendre son honneur, celui de sa famille ainsi que sa version des faits après « 21 mois d’épreuves ». Selon elle, leur combat demeure celui « de la justice, de la vérité et de la dignité ».
Oligui Nguema de nier les souffrances de sa famille
Dans cette déclaration relayée par le secrétaire général du Parti démocratique gabonais (PDG), Ali Akbar Onanga Y’Obégué, Ali Bongo répond directement aux propos tenus par le président Brice Clotaire Oligui Nguema lors d’un entretien accordé à France 24 le 2 juin 2026.
L’ancien président rejette l’affirmation selon laquelle le chef de l’État n’aurait « aucun problème » avec lui. Il estime au contraire que cette position est incompatible avec ce qu’il décrit comme un refus de reconnaître les violences et mauvais traitements dont auraient été victimes son épouse et son fils.
Ali Bongo affirme que des preuves existent et qu’elles auraient déjà été transmises aux autorités françaises ainsi qu’à des instances des Nations unies. Il appelle à l’ouverture d’une enquête indépendante pour faire toute la lumière sur ces allégations.
Une contestation du récit sur son exercice du pouvoir
L’ancien dirigeant gabonais s’attaque également à l’image d’un président affaibli ou absent du pouvoir durant les dernières années de son mandat. Il rappelle que Brice Clotaire Oligui Nguema avait été nommé à la tête de la Garde républicaine sous sa présidence et soutient que cette réalité contredit les affirmations selon lesquelles il aurait été privé de toute capacité de décision.
Selon Ali Bongo, ceux qui ont participé aux réunions militaires et gouvernementales de l’époque connaissent la réalité du fonctionnement des institutions. Il regrette toutefois le silence de plusieurs anciens collaborateurs qu’il accuse de manquer de courage face aux faits.
Une attaque frontale contre le président gabonais
Dans la partie la plus virulente de sa déclaration, Ali Bongo remet en cause la sincérité des convictions religieuses affichées par le président Oligui Nguema. Réagissant aux propos de ce dernier évoquant sa foi, l’ancien chef de l’État affirme que le président gabonais ne craint pas Dieu mais « la vérité », concluant ainsi une réponse particulièrement ferme à l’égard de son successeur.
Cette sortie médiatique marque une nouvelle étape dans le bras de fer politique et médiatique qui oppose l’ancien président gabonais au pouvoir issu de la transition ouverte après sa chute en août 2023.
La Gazette du Continent
