Les combattants de l’Alliance Fleuve Congo-M23 ont entamé un retrait progressif de plusieurs positions qu’ils occupaient dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, selon des informations rapportées dimanche 10 mai 2026 par le journaliste Stanis Bujakera.
D’après des sources concordantes citées par le journaliste, ce mouvement intervient dans un contexte de fortes pressions diplomatiques exercées par Washington ainsi que de négociations en cours autour de la situation sécuritaire dans l’est de la République démocratique du Congo.
Selon les informations relayées, des responsables de l’AFC/M23 sans les citer nommément ont confirmé des déplacements de troupes dans la plaine de la Ruzizi, tout en rejetant l’idée d’un retrait total.
Un cadre du mouvement a évoqué de simples « mouvements » de positions, tandis qu’un autre a assuré que « tout est sous contrôle ». Aucune communication officielle écrite ou vidéo n’a cependant été publiée par la rébellion concernant un retrait définitif de cette zone stratégique du Sud-Kivu.
Des sources locales indiquent que certains éléments rebelles se seraient repositionnés vers Kamanyola, localité située près de la frontière rwandaise.
La plaine de la Ruzizi demeure l’un des axes sécuritaires sensibles du Sud-Kivu. Ces mouvements interviennent après plusieurs mois d’affrontements opposant les Forces armées de la République démocratique du Congo, les groupes armés locaux dits Wazalendo et les rebelles de l’AFC/M23.
Au début du mois de mai, des combats avaient encore été signalés dans le secteur de Kigurwe, malgré les efforts de médiation régionale et internationale engagés ces derniers mois.
Selon plusieurs sources médiatiques et diplomatiques, ce redéploiement serait lié aux pressions exercées par les États-Unis en faveur d’une désescalade dans l’est de la RDC. Washington a récemment multiplié les appels à la retenue et à la reprise du dialogue entre les parties au conflit. Des médias congolais rapportent que les autorités américaines suivent de près l’évolution de la situation sécuritaire dans la région des Grands Lacs.
Dans ce contexte, certains observateurs estiment que le retrait partiel de l’AFC/M23 pourrait être interprété comme un geste destiné à soutenir les discussions diplomatiques en cours, même si la situation sur le terrain reste volatile.
À aucune source indépendante n’a confirmé l’ampleur exacte du retrait ni sa portée militaire réelle. Plusieurs analystes rappellent que l’AFC/M23 a déjà qualifié par le passé certains replis tactiques de « rotations stratégiques normales ». Le porte-parole civil du mouvement, Lawrence Kanyuka, avait déjà utilisé cette terminologie lors de précédents redéploiements dans d’autres zones de conflit.
Les prochains jours devraient permettre de déterminer s’il s’agit d’un désengagement durable ou d’un simple repositionnement tactique dans la région de la Ruzizi.
La Gazette du Continent
