L’incivisme routier de plus en plus banalisé dans la ville de Kinshasa où le désordre sur la voie publique atteint un niveau alarmant. Malgré les mises en garde répétées des autorités, conducteurs officiels, privés et transporteurs en commun bravent ouvertement le Code de la route. Rouler à contresens n’est plus une exception, mais une habitude dangereuse qui s’installe durablement dans les pratiques quotidiennes.
Sur plusieurs axes de la capitale, cette contravention tend à se banaliser, y compris chez les conducteurs de motos, pourtant particulièrement exposés. Cette normalisation progressive met en péril la sécurité des usagers et accentue le risque d’accidents graves.
Des agents complaisants, une régulation fragilisée
Plus inquiétant encore, certains agents chargés de faire respecter la loi ferment les yeux, voire facilitent ces comportements pour contourner les embouteillages. Cette complaisance fragilise davantage l’autorité de l’État et illustre les limites de la régulation actuelle.
Des observateurs dénoncent une forme de justice à double vitesse : des conducteurs en règle, souvent issus du secteur privé, sont sanctionnés, tandis que les contraventions les plus flagrantes restent impunies.
L’ACCO pointe la responsabilité des autorités
Le président provincial de Association des chauffeurs du Congo (ACCO), Bienvenu Kimbula, dénonce une dérive encouragée au sommet. Selon lui, certains comportements des autorités nationales et provinciales contribuent directement à cette anarchie routière. Il souligne que les cortèges officiels, souvent pressés, n’hésitent pas à emprunter les voies en sens unique, donnant ainsi un mauvais exemple aux autres usagers. « Il est rare de voir un chauffeur prendre de lui-même le contresens sans qu’une autorité n’ait ouvert la voie », explique-t-il.
Des efforts d’encadrement insuffisants face à la dérive
L’ACCO affirme pourtant avoir mis en place des mécanismes d’encadrement, notamment à travers des sous-sections de chauffeurs organisées à chaque arrêt, chargées de sensibiliser et de faire respecter les règles de conduite. Ces initiatives, menées en collaboration avec l’Hôtel de Ville, visent à promouvoir l’éthique du chauffeur et à réduire les embouteillages. Mais elles peinent à produire des résultats durables face à l’ampleur du phénomène et au manque d’exemplarité des autorités.
Restaurer l’autorité de la loi, une urgence
Face à cette situation, Bienvenu Kimbula appelle les autorités à faire preuve de discipline et à respecter scrupuleusement le Code de la route. Pour lui, le respect du sens unique doit redevenir une règle « sacrée » pour tous les usagers, sans exception. Sans une volonté politique forte et une application équitable de la loi, le risque est grand de voir l’incivisme routier se transformer en norme durable dans la capitale congolaise.
La Gazette du Continent
