Le bras de fer qui s’enlisebet la tension monte entre le gouvernement provincial de Kinshasa et le personnel de l’administration urbaine. Après des négociations infructueuses avec l’Exécutif provincial, représenté par le ministre des Finances Magloire Kabemba, l’intersyndicale a décidé de reconduire une grève « radicale et sèche ».
Pour les délégués syndicaux, la ligne est que « les droits s’arrachent, ils ne se négocient pas ». Une position ferme qui traduit l’exaspération face à une situation jugée intenable.
Au cœur du conflit, une crise salariale profonde. Le personnel administratif accuse dix mois d’arriérés, dont sept mois pour 2025 et trois mois pour 2026. De leur côté, les agents politiques totalisent jusqu’à douze mois impayés. Selon David Delord Luyeye Ngongite, les recettes mobilisées en janvier et février 2026 dépassent pourtant les 59 milliards de francs congolais. Une performance qui contraste avec l’incapacité de l’Exécutif à honorer les salaires.
Des recettes en hausse, mais des salaires impayés
Dans le détail, les recettes fiscales se chiffrent à plus de 24 milliards de francs congolais en janvier 2026 et près de 15 milliards en février 2026. À cela s’ajoutent des recettes non fiscales avoisinant 9 milliards de francs congolais par mois. Pour l’intersyndicale, ces chiffres démontrent qu’un paiement partiel des arriérés est possible. Elle réclame, à titre de mesure immédiate, le règlement d’au moins quatre mois de salaires, estimant que l’enveloppe mensuelle d’environ 5 milliards de francs congolais rend cette exigence réaliste.
L’offre gouvernementale jugée insuffisante
Face à ces revendications, Magloire Kabemba a annoncé le paiement de deux mois seulement, prévu pour la fin du mois d’avril 2026. Une proposition jugée largement insuffisante par les syndicats. Ces derniers dénoncent une « mauvaise volonté politique », d’autant plus que les modalités de paiement ne sont pas encore clairement établies par les banques partenaires.
Une grève totale qui paralyse la ville
En réaction, l’intersyndicale maintient sa position. Aucun service minimum ne sera assuré tant que les arriérés ne seront pas apurés. Cette décision plonge l’administration urbaine dans une paralysie quasi totale, affectant plusieurs services essentiels de la capitale.
Pour accentuer la pression, une assemblée générale est convoquée le lundi 27 avril 2026 à l’Hôtel de Ville de Kinshasa. Tous les agents sont appelés à y participer massivement, munis de sifflets et autres signes de protestation. Les syndicats invitent également les responsables administratifs, les régies publiques, les services de secours et autres corps concernés à se joindre au mouvement.
Une capitale à l’arrêt, une gouvernance fragilisée
Au-delà du conflit social, cette crise révèle des fragilités profondes dans la gestion des finances publiques de la ville. En attendant une issue, les bureaux restent fermés et l’incertitude persiste quant à la reprise des activités. La capitale congolaise fait ainsi face à une épreuve de force dont l’issue pourrait redéfinir les rapports entre l’administration et l’Exécutif provincial.
La Gazette du Continent
