Le centre de Mulungu de l’Institut National pour l’Étude et la Recherche Agronomiques a engagé, pour la saison culturale B, un programme de renforcement de la culture du manioc dans l’Est de la République démocratique du Congo. L’initiative vise à améliorer la production agricole et à répondre aux besoins alimentaires des populations locales.
Culture vivrière essentielle en Sud-Kivu et dans plusieurs régions du pays, le manioc se distingue par sa capacité d’adaptation à différents types de sols et par sa résistance aux conditions climatiques difficiles. Il est largement consommé et constitue une ressource stratégique pour de nombreux ménages.

Dans ce cadre, l’INERA Mulungu a aménagé environ cinq hectares de champs. Selon Nabintu Kondo, cheffe d’antenne manioc au sein du centre, ces superficies sont réparties entre la multiplication des boutures, les essais variétaux et la conservation du matériel génétique.
« Nous sommes actuellement en train d’installer deux hectares de champs de multiplication des boutures […] ainsi que des essais de sélection et de conservation », a-t-elle indiqué.
Les travaux portent notamment sur les variétés améliorées Mundola et Sikirou, capables d’atteindre des rendements estimés à près de 40 tonnes à l’hectare, avec un cycle cultural de six à dix mois. Ces variétés sont présentées comme plus performantes et résistantes que celles traditionnellement utilisées.

Ce programme s’inscrit dans une collaboration avec l’International Institute of Tropical Agriculture à travers le projet « Cassava Value Chain Development », qui appuie la valorisation du manioc pour renforcer la sécurité alimentaire et soutenir l’industrie agroalimentaire en RDC.
En parallèle, des boutures améliorées ont été distribuées à des associations paysannes, notamment dans le territoire de Kabare, afin de favoriser la diffusion de ces variétés et d’améliorer les rendements agricoles.
Les chercheurs rappellent que la culture du manioc reste accessible, nécessitant peu d’intrants, mais soulignent l’importance du choix des variétés, de la qualité des boutures et du respect des techniques culturales pour optimiser la production.

Selon la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, le manioc occupe la quatrième place parmi les cultures vivrières dans les pays en développement, derrière le riz, le maïs et le blé.
Au-delà de la production, le manioc joue un rôle clé dans l’alimentation quotidienne et constitue une réserve stratégique en cas de crise. À travers ce programme, l’INERA Mulungu entend ainsi renforcer la résilience alimentaire des communautés locales et soutenir les revenus des agriculteurs.
Magloire Mutulwa
