Au moins six personnes sont décédées sur 56 cas suspects de choléra enregistrés depuis le début du mois de mars 2026 dans la zone de santé de Kibua, selon des sources sanitaires locales. L’alerte a été confirmée par le médecin chef de zone, Yves Tsongo Bikunde, contacté par la Gazette du Continent. Il indique que la maladie touche particulièrement les enfants âgés de plus de cinq ans.
D’après les autorités sanitaires, les aires de santé de Ntoto, Langira et Kilungu figurent parmi les plus affectées par cette situation.

Cette flambée épidémique intervient dans un contexte marqué par l’arrivée massive de populations déplacées en provenance du territoire voisin de Masisi, fuyant dernièrement les affrontements armés.
Ces déplacements ont entraîné une pression accrue sur les infrastructures locales, avec des conditions de vie précaires caractérisées par un manque d’accès à l’eau potable et à des installations sanitaires adéquates.
Le docteur Tsongo Bikunde souligne que la prise en charge des malades reste difficile, notamment en raison de l’insuffisance de médicaments, d’eau potable et d’équipements d’assainissement.
Face à cette situation, il lance un appel aux partenaires humanitaires pour un appui urgent afin de contenir la propagation de la maladie.
Par ailleurs, des échantillons ont été envoyés au laboratoire pour confirmation officielle des cas, tandis que les équipes de la Croix-Rouge poursuivent les opérations de désinfection et de sensibilisation dans les zones touchées.
Cette alerte s’inscrit dans un contexte plus large où le Nord-Kivu demeure l’une des provinces les plus exposées aux épidémies de choléra, en raison notamment des déplacements de population et de la fragilité des services de base.
Magloire Mutulwa
