Un groupe d’étudiants congolais récemment rapatriés de la République Islamique d’Iran a adressé un mémorandum aux autorités congolaises, notamment à la ministre d’État en charge des Affaires sociales, pour dénoncer leurs conditions de vie précaires depuis leur retour à Kinshasa.
Dans ce document transmis également au Président de la République, à la Première ministre ainsi qu’à plusieurs membres du gouvernement, ces étudiants exposent une situation qu’ils jugent « particulièrement préoccupante », appelant à une intervention urgente de l’État.
Les dix signataires expliquent avoir été contraints de fuir à deux reprises des zones de tensions en Iran. Ils évoquent notamment les conséquences d’un conflit survenu en juin 2025, suivi de nouvelles tensions persistantes impliquant l’Iran, les États-Unis et Israël.
Lors de leur transit par l’Azerbaïdjan, plusieurs affirment avoir abandonné l’ensemble de leurs biens, y compris leurs effets personnels et matériels académiques.
Malgré l’appui des ambassades de la RDC à Moscou et à Abou Dhabi, aucune solution durable n’a pu être trouvée à l’étranger. Leur rapatriement à Kinshasa, intervenu le 30 mars 2026 avec le soutien de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), s’est fait dans l’espoir d’une meilleure prise en charge au pays.
Une arrivée sans assistance suffisante
Cependant, à leur arrivée dans la capitale congolaise, ces étudiants disent avoir constaté une absence d’accompagnement adéquat, notamment en matière d’hébergement et d’assistance sociale. Certains d’entre eux sont originaires des provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu, des zones toujours affectées par l’insécurité, ce qui complique davantage leur retour dans leurs milieux d’origine. Ils indiquent également avoir perdu la quasi-totalité de leurs biens, notamment ordinateurs, documents académiques et moyens financiers, rendant encore plus difficile toute reprise immédiate de leurs études.
Un appel urgent à l’aide et à la réinsertion
Aujourd’hui, ces étudiants affirment vivre dans une grande précarité, sans solution stable de logement, d’alimentation ni de réintégration socio-économique. Certains ne disposent même pas de familles d’accueil à Kinshasa. Face à cette situation, ils sollicitent l’intervention urgente des autorités congolaises afin de bénéficier d’une assistance « digne, appropriée et durable ». Ils expriment également leur volonté de poursuivre leur parcours académique dans de meilleures conditions. Ce mémorandum, signé à Kinshasa le 7 avril 2026 par leur représentant Ali Usseni Alain, se veut un appel pressant à la solidarité nationale en faveur de ces jeunes confrontés à une situation humanitaire et sociale critique.
La Gazette du Continent
