La circulation sur la Route nationale numéro 1 (RN1), entre Kikwit et Kinshasa, est de plus en plus entravée par la multiplication des barrières policières et des postes de perception de taxes. Une situation préoccupante qui impacte directement les prix des produits agricoles sur les marchés de la capitale congolaise.
Selon la Fédération des entreprises du Congo (FEC), Grand Bandundu, Fifa Katembo, au moins 15 barrières sont érigées le long de cet axe stratégique. Ces dispositifs, installés notamment dans les provinces du Kwilu, du Kwango et de Kinshasa, imposent aux transporteurs des paiements pouvant atteindre jusqu’à 40.000 francs congolais par barrière, surtout pour les gros véhicules.
Le président régional de la FEC Grand Bandundu, Fifa Katembo, dénonce une situation devenue intenable pour les opérateurs économiques. Joint au téléphone par le journaliste Jonathan Mesa, Correspondant de la radio Top Congo Fm, il explique que ces tracasseries routières alourdissent considérablement les coûts de transport.
« Pour quitter Kinshasa, il faut compter au moins 15 barrières. À chaque barrière, un camion doit payer environ 40.000 francs congolais. Ces dépenses répétées finissent par se répercuter sur les prix de vente sur les marchés », affirme-t-il. Il souligne que ces charges supplémentaires pénalisent non seulement les transporteurs, mais également les consommateurs.
« Si les transporteurs dépensent beaucoup en cours de route, ils sont obligés d’augmenter les prix des marchandises. Parfois même, certains camions n’arrivent pas à destination faute de moyens suffisants », ajoute-t-il, évoquant des difficultés majeures dans la chaîne d’approvisionnement.
Au-delà des barrières, Fifa Katembo dénonce également la multiplicité des taxes imposées par les provinces traversées. Il cite notamment le cas de la vignette, exigée à nouveau sur la route pour des véhicules déjà en règle dans leur province d’origine. « Un camion qui quitte Kinshasa avec tous ses documents en ordre peut se voir contraint de payer à nouveau la vignette en arrivant dans le Kwango. Chaque province impose sa taxe d’entrée, comme s’il s’agissait de routes provinciales, alors que nous sommes sur une route nationale », déplore-t-il.
Selon lui, cette situation crée une forme de double imposition et complique davantage les activités des transporteurs, obligés parfois de contacter leurs employeurs en urgence pour obtenir des fonds supplémentaires afin de poursuivre leur trajet. Face à cette situation, la FEC Grand Bandundu appelle le gouvernement à agir. Elle plaide pour la suppression des barrières jugées illégales et pour une meilleure harmonisation des services de contrôle et de perception.
« Nous demandons au gouvernement de réduire significativement le nombre de barrières. Quinze barrières pour un même axe, c’est excessif. Nous comprenons les impératifs de sécurité, mais cela doit rester raisonnable », insiste le responsable patronal.
Il recommande également que les taxes provinciales soient perçues à l’intérieur des provinces concernées, et non sur la route nationale, qui relève de la compétence du pouvoir central. « La RN1 est entretenue par le gouvernement central. Il n’est donc pas normal que chaque province y installe ses propres dispositifs de taxation comme s’il s’agissait d’une route provinciale », conclut-il. Cette situation, devenue récurrente, continue d’alimenter la hausse des prix des denrées alimentaires sur les marchés de Kinshasa, au grand dam des consommateurs.
La Gazette du Continent
